Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand

Bonjour à tous,

       Je reviens aujourd’hui pour vous parler d’une auteure dont on entend beaucoup parler depuis un petit moment et qui tourne beaucoup sur la blogosphère : Agnès Martin-Lugand. Evidemment, j’ai commencé avec son premier roman : Les gens heureux lisent et boivent du café qui est celui qui l’a fait connaître et qui maintenant a même une suite.

Couverture Les gens heureux lisent et boivent du café

Résumé :

       « Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »
Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre.
Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence.
C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

Mon avis :

         Je me suis lancée dans cette lecture sans rien connaître de l’histoire avec comme seul indice ce joli titre qui laisse à penser que le contenu du roman tournera autour de globalement : les gens heureux, les livres et du café. Je ne m’attendais donc pas à un sujet si triste abordé dès le début de celui-ci : le deuil que doit subir Diane après la perte de sa fille et de son mari dans un tragique accident de voiture. Au début de l’histoire, nous sommes plongés dans la tristesse de cette femme, jeune maman, femme épanouie, heureuse et patronne d’un café littéraire en plein centre de Paris qui a tout perdu du jour au lendemain. Celle-ci, plusieurs mois après, est encore  totalement perdue dans le dur chemin de la reconstruction, aidée seulement par son meilleur ami totalement excentrique : Félix. Pour s’échapper de la pression constante de son entourage et pour rendre hommage une dernière fois à son mari et à sa fille, elle décide sur un coup de tête de partir vivre en Irlande, dans un petit village isolé ou elle pense qu’elle pourra enfin être tranquille, seule avec son chagrin. C’était sans compter l’accueil chaleureux des irlandais et son mystérieux et brutal voisin de cottage qui l’agace constamment. Elle va, grâce à son nouveau domicile, apprendre à sortir de sa bulle peu à peu et s’ouvrir progressivement aux autres ce qui ne va pas plaire à tout le monde.
        Ce roman est typiquement le genre de roman feel-good qui se lit très rapidement et qui fait du bien au moral. On s’attache très vite aux personnages et à leurs histoires et on veut savoir comment cela va se terminer pour Diane.
     Si j’ai largement préféré le début de l’histoire, porteuse de beaucoup d’émotions et réellement touchante, j’ai un peu moins aimé la suite dans laquelle j’ai trouvé que les stéréotypes s’accumulaient en même temps que l’histoire s’accélérait beaucoup trop rapidement à mon goût. De plus, si l’auteure essaye de justifier le comportement souvent infecte d’Edward envers Diane, je n’ai pas trouvé ces justifications suffisamment valables et c’est ce qui m’a un peu rebuté dans la suite de ma lecture. Le reste du roman est quand même très agréable, on explore la vie irlandaise à travers les yeux de Diane et cela nous donne aussi une grande envie d’ouvrir un café littéraire aussi sympathique que « les gens heureux lisent et boivent du café ».

Bref, un joli roman qui se lit très vite, à emporter dans son sac de plage cet été par exemple 😉

Extrait :

– Maman, s’il te plaît?
– Clara, j’ai dit non.
– Allez, Diane. Laisse-la venir avec moi.
– Colin, ne me prends pas pour une imbécile. Si Clara vient avec toi, vous allez traîner, et on partira en vacances avec trois jours de retard.
– Viens avec nous, tu nous surveilleras!
– Certainement pas. Tu as vu tout ce qu’il reste à faire?
– Raison de plus pour que Clara vienne avec moi, tu seras peinarde.
– Maman!
– Bon, très bien. Filez! Oust! Je ne veux plus vous voir.
Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier.
J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.

Les faux-monnayeurs d’André Gide

Bonjour à tous !

      Aujourd’hui, je vais vous présenter un roman classique français : Les faux-monnayeurs d’André Gide qui est, si je ne me trompe pas, au programme du Bac de littérature cette année. J’avais déjà abordé André Gide à la fac avec Les caves du Vatican, que j’avais trouvé sympa et facile à lire mais qui finalement ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable. J’ai donc retenté ma chance avec un autre de ses romans les plus connus.

Couverture Les faux-monnayeurs

Résumé : 

          Qu’un jeune garçon apprenne qu’il n’est pas le fils de son père, qu’il décide de ne pas se présenter à ses examens et de partir au hasard de certaines rencontres : jusque-là, rien que de très commun. Mais qu’il croise la route tordue de faussaires en tout genre, d’enfants qui trafiquent de la fausse monnaie ou de tricheurs ès sentiments, et l’histoire se transforme en une folle épopée où les différents fils se mêlent et s’emmêlent pour mieux finir par démêler tous les mensonges. Singulier roman que cette croisée de destins et de personnages : il surprend et fascine, tant il ne ressemble à rien de connu tout en conservant une structure parfaitement attendue. Manière de symphonie, où Gide, qui tenait Les Faux-Monnayeurs pour l’un de ses textes les plus aboutis, orchestre les thèmes qui lui sont chers : l’adolescence et ses tourments, les troubles d’identité, mais surtout le mensonge, le faux sous toutes ses facettes, qu’il débusque avec acharnement, pour qu’enfin les masques tombent.

Mon avis : 

        Dans ce roman, nous gravitons autour de plusieurs personnages dont les destins se mêlent et s’entremêlent. Les personnages principaux ont tous des caractères bien différents, entre Bernard le téméraire éprit de liberté, Olivier l’ami fidèle mais un peu naïf sur les bords et Edouard l’écrivain torturé. Ils partagent pourtant tous les trois un point commun : le fait de se chercher tout au long de l’histoire puisqu’ils sont tous plongés dans une profonde crise existentielle. Ils vont ainsi peu à peu s’affirmer à l’aide de plusieurs autres personnages secondaires qu’ils vont croiser et qui vont les influencer tantôt positivement, tantôt négativement. 

       La force de ce roman est la pluralité des points de vue qui permet de se faire une idée plus globale de la psychologie des personnages. Dans Les faux-Monnayeurs, André Gide exprime ses théories littéraires à travers le personnage d’Edouard ce qui confère un effet de mise en abyme puisque le roman que prépare celui ci se nomme également Les faux-monnayeurs. Ceci permet notamment de débattre au sein de son récit sur les limites entre la réalité et la fiction et notamment sur les notions de vraisemblance et faux semblants ce qui était d’ailleurs précurseur de la veine du Nouveau Roman. Pour mettre en pratique ses théories, il n’hésite pas à mêler à ses personnages de fiction d’autres bien réels notamment le célèbre Alfred Jarry et se permet également d’intervenir directement au sein de l’histoire donnant son avis sur certaines situations et jugeant par conséquent ses propres personnages.

         Si j’ai beaucoup aimé toutes ses réflexions autour de la littérature remises dans le contexte de l’époque, le récit en lui-même ne m’a pas happé plus que cela, je l’ai même trouvé plutôt long à certains moments. Le fait qu’il y ait autant de personnages et de points de vue est aussi une faiblesse puisque cela ne permet pas d’approfondir leurs histoires respectives et donc de s’y attacher. Enfin, je comprends surtout l’intérêt littéraire de ce roman qui permet de se faire une idée sur les questionnements des écrivains à cette époque et rien que pour cela je pense qu’il vaut le coup de s’y plonger, d’autant plus qu’il se lit très bien ! 🙂

Extrait :

L’analyse psychologique a perdu pour moi tout intérêt du jour où je me suis avisé que l’homme éprouve ce qu’il s’imagine éprouver. De là à penser qu’il s’imagine éprouver ce qu’il éprouve… Je le vois bien avec mon amour: entre aimer Laura et m’imaginer que je l’aime-entre m’imaginer que je l’aime moins, et l’aimer moins, quel dieu verrait la différence? Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire. Et, s’il suffit d’imaginer qu’on aime, pour aimer, ainsi suffit-il de se dire qu’on imagine aimer, quand on aime, pour aussitôt aimer un peu moins, et même pour se détacher un peu de ce qu’on aime- ou pour en détacher quelques cristaux. Mais pour se dire cela ne faut-il pas déjà aimer un peu moins?

 

Les filles au chocolat tome 1 : Cœur Cerise de Cathy Cassidy

Bonjour à tous !

     Aujourd’hui je vais vous parler du premier tome d’une série jeunesse que j’avais hâte de commencer : Les filles au chocolat de Cathy Cassidy. La série compte aujourd’hui 6 tomes et 4 hors séries donc je suis un peu en retard mais j’en ai entendu tellement de bons avis que j’ai pris enfin le temps de la commencer.

Couverture Les filles au chocolat, tome 1 : Coeur cerise

Résumé :

      Cherry, 13 ans, et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre filles : Coco, 11 ans ; les jumelles Summer et Skye, 12 ans, et Honey, 14 ans. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais, à peine arrivée, elle craque bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter l’arrivée de son nouveau beau-père ! Alors que tous participent à la création d’une fabrique artisanale de chocolats, Cherry se retrouve partagée entre l’affection pour ses nouvelles soeurs et le charme irrésistible de Shay…

Mon avis :

         Pour commencer, je pense que j’aurais aimé bien davantage cette série si j’avais eu l’âge à laquelle elle se destine, c’est à dire aux alentours de 12/13 ans. C’est typiquement le genre de série très féminine et fleur bleue que j’aimais lire à cet âge (dans le genre 4 filles et 1 jean ou Le journal d’une Princesse). Néanmoins, j’ai quand même pas mal apprécié ma lecture car le récit en lui même est plutôt original et sympathique. Nous prenons plaisir à suivre Cherry et son père se reconstruire une nouvelle vie au sein du clan très féminin des Tanberry et essayer de s’y intégrer tant bien que mal. Et puis, bien sûr, la fabrique de chocolats artisanaux est un plus pour la série pour ceux qui, comme moi, raffolent de chocolat. J’ai beaucoup aimé suivre ces personnages atypiques et aux grands cœurs que sont les sœurs Tanberry. Même Honey qui paraît à bien des égards très énervante mais qui, j’en suis sûre, deviendra un personnage très intéressant dans la suite de la série. J’ai par contre été assez vite lassée de la romance entre Cherry et Shay, le petit ami d’Honey qui est quand même très, très mielleuse et beaucoup trop peu crédible à mon goût. Il y aussi certaines répétitions et maladresses d’écriture que l’on retrouve souvent dans les romans jeunesse et qui tendent à gâcher le plaisir de la lecture. Malgré cela je trouve que c’est une chouette série pour les plus jeunes et je la continuerai de mon côté pour découvrir la suite des aventures des filles au chocolat ! 🙂

Extrait :

Après trois heures de route, la pluie cède la place à un grand soleil et un immense arc-en-ciel qui scintille au-dessus de l’autoroute. Nous nous arrêtons à une station-service pour prendre un café et un milk-shake, et manger en douce les sandwiches au fromage en les cachant sous la table de la cafétéria.
Je sors de mon sac les lettres envoyées par trois des filles de Charlotte – Skye, Summer et Coco – qui me parlent d’elles et me souhaitent la bienvenue. La lettre de Skye est écrite au stylo argenté sur du papier noir et parsemée de minuscules étoiles d’argent. Elle y décrit sa passion pour l’astrologie, l’histoire et les robes achetées dans les vides-greniers – super bizarre. Celle de Summer, en violet sur papier rose pâle, ne parle que de danse classique et de son rêve de savoir faire les pointes et de devenir danseuse étoile. La dernière lettre, celle de Coco, est rédigée au crayon sur un bout de papier déchiré qui a l’air d’avoir été mâchouillé par un chien, voire les deux. Coco est fan des animaux et adore grimper aux arbres. Elle m’explique qu’un jour, elle compte bien avoir un lama, un âne et un perroquet. Je ne sais pas vraiment si ces lettres me rassurent. Papa a déjà rencontré les filles. Mais pas moi, car les jours de congé qu’il a réussi à prendre pour aller dans le Sud sont toujours tombés en semaine, alors à chaque à chaque fois, j’ai été obligée de rester à Glasgow chez Mrs Mackie. Maintenant, je me dis que j’aurais préféré les connaître un peu.

De cape et de mots de Flore Vesco

Bonjour à tous !

         Aujourd’hui je vais vous parler du premier roman de Flore Vesco, une auteur française qui a écrit à ce jour deux romans jeunesse et dont j’entends toujours énormément de bien. J’ai craqué sur De cape et de mots au salon de Montreuil où il a reçu le prix « la voix des blogueurs ». Je n’ai pas attendu très longtemps pour me lancer ensuite, tant j’étais curieuse ! 🙂

Couverture De cape et de mots

Résumé :

      Serine, en dépit de la volonté de sa mère, refuse de se marier. Mais pour sortir ses frères de la pauvreté, elle doit agir. Sa décision est prise : elle sera demoiselle de compagnie ! La tâche s’annonce difficile : la reine est capricieuse, antipathique, et renvoie ses demoiselles aussi souvent qu’elle change de perruque. Mais Serine ne manque pas d’audace et, tour à tour, par maladresse ou génie, se fait une place. Elle découvre alors la face cachée de la cour : les manigances, l’hypocrisie et les intrigues… et tente de déjouer un complot.

Mon avis :

        Sérine, jeune fille audacieuse et malicieuse, décide de faire son entrée dans la cour pour échapper à un mariage forcé auquel sa mère la destine. La jeune fille parvient par une heureux hasard à intégrer le groupe convoité des Demoiselles, au service d’une reine au tempérament plutôt tyrannique. Elle fait alors preuve de ruse et d’adresse pour satisfaire les caprices de la Reine et découvre malgré elle qu’une sombre machination est en cours pour faire tomber le Roi. Travestie en bouffon, elle se rapproche de ce dernier et tente de déjouer les complots qui le menace. Provocante et plus audacieuse que jamais dans son costume, elle regorge d’inventivité pour jouer des tours à la cour en montrant le vrai visage de tous ces courtisans aussi hypocrites que corrompus.
         Ce roman est très court ( 180 pages) mais Flore Vesco signe un petit bijou d’imagination. En effet, j’ai adoré son écriture pleine de fantaisies et de subtilités langagières qui donnent un côté ludique et enfantin à son récit. Même s’il est orienté jeunesse, je pense qu’il n’y a pas d’âge pour le lire si ce n’est à partir de 13/14 ans car certaines scènes sonnent bien plus adulte que jeunesse.
       Des complots au coeur de la cour, une héroïne courageuse et intrépide, des bourreaux aux cœurs tendres, des aventures rocambolesques et une écriture agréable et inventive, moi, j’adhère à 100% ! Un gros coup de coeur en attendant de lire son deuxième roman : Louis Pasteur contre les loups-garous que je mets dès maintenant dans ma wishlist. Foncez, vous ne regretterez pas ! 🙂

Extrait :

Elle ouvrit la bouche, persuadée qu’aucun son n’allait en sortir. Elle s’entendit alors déclarer :
– Majesté, vous êtes plus ravissantes qu’un… qu’une esperlune.
S’ensuivit un silence magistrale, au cours duquel Serine eut tout loisir de s’étonner de ce mot improbable qu’elle venait d’inventer.
La reine resta d’abord interdite. Mais elle craignit, en demeurant silencieuse, qu’on s’imagine qu’elle n’avait pas compris ce mot étrange. Elle prit son air le plus savant, et s’exclama :
– Mais la comparaison est absolument charmante ! Redites- moi votre nom?
Tout le monde regarda avec intérêt cette nouvelle demoiselle si cultivée. Cette dernière s’enhardit jusqu’à répondre :
– J’ai déjà abusé de votre patience en vous le donnant à entendre une première fois. Si vous le permettez appelez-moi Serine, Votre Majesté.
La reine hocha la tête avec indulgence.
C’était la première fois que Sa Majesté prenait la peine de répondre au compliment d’une demoiselle. Après un tel événement, nul n’osa se ridiculiser en demandant ce qu’était une esperlune. Au contraire il devint chic de l’employer à tout va.

La fractale des raviolis de Pierre Raufast

Bonjour à tous !

       Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman plutôt loufoque : La fractale des raviolis de Pierre Raufast,  que j’ai acheté surtout parce que le titre et la couverture ont attisé ma curiosité. J’ai bien fait d’écouter mon instinct puisque j’ai passé un plutôt bon moment avec ce livre ! 🙂

Couverture La fractale des raviolis

Résumé :

      Il était une fois une épouse bien décidée à empoisonner son mari volage avec des raviolis. Mais, alors que s’approche l’instant fatal, un souvenir interrompt le cours de l’action. Une nouvelle intrigue commence aussitôt et il en sera ainsi tout au long de ces récits gigognes. Tout ébaubi de voir tant de pays, on découvre les aventures extraordinaires d’un jeune garçon solitaire qui, parce qu’il voyait les infrarouges, fut recruté par le gouvernement ; les inventions stratégiques d’un gardien de moutons capable de gagner la guerre d’Irak ; les canailleries d’un détrousseur pendant l’épidémie de peste à Marseille en 1720 ou encore la méthode mise au point par un adolescent sociopathe pour exterminer le fléau des rats-taupes. Véritable pochette surprise, le premier roman de Pierre Raufast ajoute à la géométrie rigoureusement scientifique, la collision jubilatoire du probable et de l’improbable.

Mon avis :

      Le principal point positif de ce roman, mis à part l’humour totalement décalé qui s’en dégage, c’est sa construction. En effet, la structure du roman pourrait se comparer à l’effet poupée russe puisque chaque récit en intègre un autre, puis un autre, puis encore un autre etc. Ce sont donc des petits récits inventifs qui se lisent très rapidement et qui se coupent à chaque fois pour laisser place à une autre parenthèse du récit. Pour ne pas nous laisser trop dans l’attente de la fin de l’histoire,  le récit se referme ensuite au fur et à mesure sur l’intrigue principale du roman qui est d’ailleurs encore plus décalée que le reste des chapitres. Si l’histoire m’a beaucoup plu dans l’ensemble,  certains éléments m’ont quand même un peu gêné, notamment les thèmes parfois très crus et malsains abordés à plusieurs reprises puisque certains des personnages sont des sociopathes plutôt bien affirmés. Mise à part cette facette de l’histoire, je suis complètement rentrée dans les récits qui mêlent chacun un ton décalé, une bonne dose de suspense et une  intrigue vraiment prenante. Un roman que je vous conseille donc si vous l’humour déjanté ne vous effraie pas et si vous êtes adepte de ce genre de structure littéraire ! 🙂

Extrait :

« « Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance »
Je comprends qu’un homme puisse sauter une femme par dépit, par vengeance, par pitié, par compassion, par désœuvrement, par curiosité, par habitude, par excitation, par intérêt, par gourmandise, par nécessité, par charité, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non. Pourtant, ce substantif vint spontanément à l’esprit de Marc, lorsque je le pris sur le fait avec sa maîtresse.« 

Furie de Joris Chamblain

Bonjour à tous !

Il y a quelques semaines, je participais à la masse critique de Babelio spéciale romans jeunesse et j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour recevoir un roman de Joris Chamblain, un auteur que je connaissais grâce à ma série BD jeunesse chouchou, Les Carnets de Cerise. J’avais donc hâte de découvrir un roman de cet auteur. 🙂

Couverture Furie

Résumé :

« Tout à coup, une forte sensation de chaleur venue de son ventre explosa et se diffusa dans tout son corps en s’insinuant dans ses muscles, jusqu’au bout de ses doigts. La sensation était inédite, mais elle lui fit du bien et la détendit complètement. Lou n’avait plus peur, se sentait parfaitement sereine. Elle avait presque envie de dormir. Elle reprit ainsi le dessus sur ses émotions et, bien que cela lui paraisse absurde, elle décida d’écouter la « voix » et même de lui répondre.
– Qui… Qui es-tu? Qu’est-ce que tu fais dans ma tête?! lança-t-elle en pensée, les yeux plissés.
– Toujours été dans tête. Partie de toi cachée. Rage enfouie libérée.
– C’était toi, cette sensation de chaleur?
– Cadeau pour montrer pouvoirs. Maintenant plus forte, sens accrus.
-Qu’est-ce que tu veux?
– Regarde! »

Mon avis :

      Dans ce roman, nous suivons Lou, une jeune fille de 13 ans qui est d’une timidité telle que personne ne la remarque jamais. Jusqu’au jour où brusquement, deux éléments vont bouleverser sa vie du jour au lendemain : Chris le footballeur star du lycée va s’intéresser à elle et lui propose au cours d’une soirée, de boire une substance qui lui était alors réservée. Cette substance va avoir des effets inattendus puisqu’elle va peu à peu la transformer en redoutable prédatrice. Si elle doit alors lutter contre sa nouvelle double personnalité, elle va devoir en plus sauver le reste de la communauté. En effet, le créateur du breuvage, Bénédict, menace de réserver le même sort à tous les gens de son entourage et, par conséquent, de les transformer tous en véritables monstres. S’engage ainsi une véritable course contre la montre dans laquelle Lou, aidée de ses amis, va devoir faire preuve d’ingéniosité pour mettre fin aux plans diaboliques de Bénédict. Si l’idée me plaisait beaucoup au départ, puisque les éléments qui se mettent peu à peu en place au début de l’histoire sont très intrigants, le tout est retombé un peu comme un soufflé. En effet, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de facilités narratives (même pour un roman jeunesse) mais également beaucoup de clichés ce qui tend à gâcher la lecture du roman. Finalement, les éléments sont de moins en moins crédibles et la fin est totalement décevante. Cependant j’ai beaucoup aimé le personnage de Lou qui m’a rappelé le personnage de Cerise par certains traits de caractère, la détermination et la ruse notamment. Je préfère tout de même nettement les récits de Cerise qui sont tout de même un peu plus cohérents. Ce fut donc une lecture rapide et assez plaisante mais sans plus. La fin laisse penser qu’il y aura une suite mais je ne pense pas que je vais me la procurer si c’est le cas. J’attends tout de même Joris Chamblain au tournant pour d’autres sagas ou one-shot ! 🙂

Extrait du début :

– Fuir.
Assise sur une chaise en métal, les mains attachées dans le dos et un sac en toile sur le visage, Lou sent naître à nouveau dans son ventre cette voix bestiale qu’elle connaît si bien. L’être au fond d’elle glapit et renifle le danger. Son puissant instinct la pousse à s’enfuir, comme une montée d’adrénaline qui met son corps en alerte. Mais sa conscience tente de calmer l’animal.
Avant de fuir, elle doit savoir. 

Concernant le challenge, ce roman m’a permis de rayer : un roman fantastique ! 🙂

 

Le plus bel endroit du monde est ici de Francesc Miralles et Care Santos

Bonjour à tous !

           Aujourd’hui je reviens avec un petit roman contemporain dont le titre et la couverture m’avait fait craquer il y a quelque temps. J’en avais entendu parler comme un bon roman « doudou » et réconfortant donc je me suis dis qu’il était parfait pour cette époque de l’année ! 🙂

Couverture Le plus bel endroit du monde est ici

Résumé :

        Iris a 36 ans et des idées noires plein la tête : ses parents viennent de disparaître dans un tragique accident et, en une seconde, toute sa vie a basculé. Par un après-midi froid et gris, elle songe même à en finir. Son regard se pose alors sur la devanture d’un café auquel elle n’avait jamais prêté attention auparavant. Son nom étrange, Le plus bel endroit du monde est ici, éveille sa curiosité. L’intérieur est plus intrigant encore, comme sorti d’un rêve. Tout y semble magique, à commencer par Luca, bel Italien porteur d’une promesse : le bonheur.


Mon avis :

     En si peu de pages (170), il peut être assez difficile de faire un roman développé et bien construit et c’est ce qui manque cruellement à cette histoire. Dans celle-ci, nous suivons Iris, 36 ans qui vient de perdre ses parents dans un accident de voiture. Sentant que plus rien ni personne ne la retient et qu’elle a perdu le goût de vivre, elle tente soudainement de mettre fin à ses jours. C’est alors qu’elle tombe sur la façade d’un bar qu’elle n’avait jamais remarquée jusque là : « Le plus bel endroit du monde est ici », intriguée par le nom, elle décide de s’y rendre et découvre alors un endroit magique tenu par un homme aussi bienveillant qu’énigmatique. Elle y fait aussi la rencontre de Luca, un bel italien qui va lui faire reprendre peu à peu l’envie de vivre en la faisant réfléchir par des tours et des histoires pleines de malices, aux petits plaisirs et grand bonheur de la vie. Iris va, à partir de cette rencontre, remettre tout en question et changer son quotidien radicalement. Si l’histoire est effectivement réconfortante par les messages qu’elle transmet et par l’ambiance du roman qui oscille entre magie et philosophie de vie, le problème majeur est que tous les événements se déroulent beaucoup trop rapidement et surtout que la narration manque cruellement de profondeur. Ainsi j’ai finalement trouvé l’histoire beaucoup trop plate puisque le seul renversement de situation n’est finalement pas si renversant que cela et pourtant, c’est censé être la clé du roman. Bref ce roman ne restera pas gravé dans ma mémoire mais il n’en reste pas moins agréable et rapide à lire et pour tout ceux qui ont besoin de pensées positives, je pense qu’il est idéal ! 🙂

Citations :

Au lieu de te lamenter que cela soit terminé, réjouis-toi que cela soit arrivé, on ne peut comprendre la vie qu’en regardant en arrière, mais on ne peut la vivre qu’en regardant vers l’avant.

Quand nous enterrons les moments de bonheur, nous renonçons au meilleur de nous-mêmes. Il y a beaucoup de choses qu’on peut jeter par-dessus bord, mais pas ces moments-là.