Lumière.

     Une nuit j’ai regardé les étoiles. Une nuit les étoiles m’ont dit : « Poursuis tes rêves, ne perd pas espoir, suis les sans trêve, tout n’est pas si noir ». Depuis cette nuit, moi la lumière, je l’ai cherché. Chaque jour, à chaque coin de rue, chaque fois que l’obscurité me gagnait, chaque fois que moi, je me perdais. Une fois, je l’ai trouvé la lumière. Elle m’a toisé là de toute sa hauteur de lumière comme si j’étais rien, comme si je ne valais rien. Et elle est restée là, elle m’a regardé l’approcher, elle m’a vu tendre la main vers elle. J’ai senti la chaleur qu’elle émanait me picoter le bout de mes doigts, j’étais bien, près d’elle. Et puis tout à coup, plus rien, plus de lumière, disparu la lumière. Elle m’a laissé là comme ça, minable parmi les minables. Elle m’a laissé là cette conne. Alors j’ai couru vers la nuit et j’ai hurlé aux étoiles, je leur ai dit que leur lumière, elles pouvaient la reprendre et leurs rêves aussi, que de toute façon moi j’aimais bien le noir, que j’en voulais pas de leur connerie, qu’elle servait juste à enrober la mocheté du monde et à faire croire à tout le monde que c’était beau, que c’était bien. Mais c’est que du faux tout ça, c’est du plastique, c’est du vide, et moi quitte à vivre dans du vide, moi je préfère le mien. Je leur ai dit tout ça aux étoiles.

Cette nuit là, le ciel est resté étrangement silencieux. Cette nuit là, je crois même avoir vu une étoile s’éteindre…

Interrupteur

      Ce soir, un texte qui m’a été inspiré par le groupe Fauve. Je me suis d’ailleurs rendu compte que j’avais toujours besoin d’un rythme pour écrire alors que pourtant, je n’ai absolument pas l’oreille musicale, c’est bizarre…

Lumière/obscurité, lumière/obscurité. Mon cœur comme un interrupteur. Pourrais tu arrêter de jouer avec s’il te plait ?

Ok, tu veux continuer, mais vas-y je t’en prie, le mal dans le mal, il n’y a que ça de vrai n’est ce pas ?

P****n. Pourquoi fallait-il que je tombe amoureuse de toi, d’ailleurs, je ne le suis même pas, je te déteste, vraiment. Enfin non, je t’aime. Oui, c’est évident… Non mais attends, reviens, ne me laisse pas comme ça. Mais qu’est ce que tu veux, que je te dise ? La première fois, je me suis dis c’est quoi ce mec là ? La deuxième, j’étais à toi, la troisième je t’ai détesté, la quatrième je t’ai méprisé, c’est à la cinquième seulement que je t’ai aimé. Oui, je sais, je sais ce que tu penses, mais c’est comme ça, t’y changeras rien. Lumière/obscurité, lumière/obscurité. Arrête ça fait mal, éteins c’est mieux, éteins tout… Mais éteins, je te dis ! Obscurité. Voilà comme ça, laisse moi dans le noir, allez c’est bon, casse toi… Mais qu’est ce qu’il y a encore ? t’en as pas vu assez ? Lumière. Non, non, je ne veux pas, je ne veux plus. Juste pars, pars loin… Tu veux savoir les raisons ? Je ne sais pas, un soir, ça m’est tombé dessus, j’étais la première surprise, crois-moi… Je suppose que je l’ai compris quand je me suis mise à vouloir garder précieusement ta lumière sur la position ON sans plus me préoccuper du vacillement de la mienne. Quoi ? Oui je sais, je n’en suis pas capable, j’aurais juste aimer avoir une chance de te le montrer, c’est tout. Alors maintenant, laisses moi et appuies sur l’interrupteur, appuies une fois pour toutes, ne t’en fais pas pour moi. Obscurité/Obscurité.

Sur le toit des villes.

     

      Je regarde la feuille tomber dans le ruisseau, les arbres se découvrent peu à peu de leurs parures, le vent froid se glisse à travers les carreaux des maisons, de la fumée s’échappe des cheminées, et moi, sur le toit des villes, je la regarde lentement disparaître mêlée à l’air glacé de l’hivers. Je suis d’un œil attentif les enfants courir, rire et s’emmitoufler dans leurs douces et chaudes écharpes. La dernière feuille de l’arbre est tombée, le ruisseau va geler, les fenêtres sont entièrement calfeutrées, la fumée se densifie et les enfants n’osent plus sortir de chez eux.  Moi, je suis toujours sur le toit des villes, le vent de l’hiver murmure sa douce plainte mélancolique à mes oreilles, j’apprécie ce chant si pur et l’accompagne dans une mélodie infinie qui sera emportée doucement vers l’horizon. Les flocons tombent dans la nuit, un tapis duveteux commence à se former sur le sol. Demain les enfants joueront et riront dans la neige. Et moi, je reste là, sur le toit des villes. Triste solitude qui me condamne à contempler la beauté du monde sans jamais pouvoir, un jour, espérer prendre part à cette allégresse qui semble tant réchauffer le coeur de ceux qui vivent en bas.

Couleurs

Voici, un premier texte court pour inaugurer la rubrique écriture. Pas d’histoire particulière à raconter si ce n’est qu’il est très personnel…

       Peindre des tableaux rempli de couleurs, toutes plus éclatantes les unes que les autres, et les voir inlassablement se ternir, tourner au gris et ne rien pouvoir y faire, seulement rester là à contempler ce triste gâchis. Chercher dans son cœur ce qu’il reste de courage, poser son pinceau et plonger ses mains dans les pots de peinture, du jaune, du bleu, du rouge, du vert, les jeter violemment sur la toile, étaler la couleur avec ses doigts pour la forcer à recouvrir l’ancien dessin si insipide, essayer, essayer toujours, jusqu’à ce que la couleur traverse la toile, jusqu’à ce que le sang et les larmes se mélangent à la peinture. Mais les couleurs disparaissent, les unes après les autres, les larmes sèchent, la toile redevient blanche. Je la contemple cette toile, elle ne me dit plus rien, les pots de peintures sont vides, il ne reste plus que du gris. Mais je ferais un tableau avec du gris et dans ce gris, j’imaginerais toutes les couleurs que je veux puisqu’il doit en être ainsi.