Les faux-monnayeurs d’André Gide

Bonjour à tous !

      Aujourd’hui, je vais vous présenter un roman classique français : Les faux-monnayeurs d’André Gide qui est, si je ne me trompe pas, au programme du Bac de littérature cette année. J’avais déjà abordé André Gide à la fac avec Les caves du Vatican, que j’avais trouvé sympa et facile à lire mais qui finalement ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable. J’ai donc retenté ma chance avec un autre de ses romans les plus connus.

Couverture Les faux-monnayeurs

Résumé : 

          Qu’un jeune garçon apprenne qu’il n’est pas le fils de son père, qu’il décide de ne pas se présenter à ses examens et de partir au hasard de certaines rencontres : jusque-là, rien que de très commun. Mais qu’il croise la route tordue de faussaires en tout genre, d’enfants qui trafiquent de la fausse monnaie ou de tricheurs ès sentiments, et l’histoire se transforme en une folle épopée où les différents fils se mêlent et s’emmêlent pour mieux finir par démêler tous les mensonges. Singulier roman que cette croisée de destins et de personnages : il surprend et fascine, tant il ne ressemble à rien de connu tout en conservant une structure parfaitement attendue. Manière de symphonie, où Gide, qui tenait Les Faux-Monnayeurs pour l’un de ses textes les plus aboutis, orchestre les thèmes qui lui sont chers : l’adolescence et ses tourments, les troubles d’identité, mais surtout le mensonge, le faux sous toutes ses facettes, qu’il débusque avec acharnement, pour qu’enfin les masques tombent.

Mon avis : 

        Dans ce roman, nous gravitons autour de plusieurs personnages dont les destins se mêlent et s’entremêlent. Les personnages principaux ont tous des caractères bien différents, entre Bernard le téméraire éprit de liberté, Olivier l’ami fidèle mais un peu naïf sur les bords et Edouard l’écrivain torturé. Ils partagent pourtant tous les trois un point commun : le fait de se chercher tout au long de l’histoire puisqu’ils sont tous plongés dans une profonde crise existentielle. Ils vont ainsi peu à peu s’affirmer à l’aide de plusieurs autres personnages secondaires qu’ils vont croiser et qui vont les influencer tantôt positivement, tantôt négativement. 

       La force de ce roman est la pluralité des points de vue qui permet de se faire une idée plus globale de la psychologie des personnages. Dans Les faux-Monnayeurs, André Gide exprime ses théories littéraires à travers le personnage d’Edouard ce qui confère un effet de mise en abyme puisque le roman que prépare celui ci se nomme également Les faux-monnayeurs. Ceci permet notamment de débattre au sein de son récit sur les limites entre la réalité et la fiction et notamment sur les notions de vraisemblance et faux semblants ce qui était d’ailleurs précurseur de la veine du Nouveau Roman. Pour mettre en pratique ses théories, il n’hésite pas à mêler à ses personnages de fiction d’autres bien réels notamment le célèbre Alfred Jarry et se permet également d’intervenir directement au sein de l’histoire donnant son avis sur certaines situations et jugeant par conséquent ses propres personnages.

         Si j’ai beaucoup aimé toutes ses réflexions autour de la littérature remises dans le contexte de l’époque, le récit en lui-même ne m’a pas happé plus que cela, je l’ai même trouvé plutôt long à certains moments. Le fait qu’il y ait autant de personnages et de points de vue est aussi une faiblesse puisque cela ne permet pas d’approfondir leurs histoires respectives et donc de s’y attacher. Enfin, je comprends surtout l’intérêt littéraire de ce roman qui permet de se faire une idée sur les questionnements des écrivains à cette époque et rien que pour cela je pense qu’il vaut le coup de s’y plonger, d’autant plus qu’il se lit très bien ! 🙂

Extrait :

L’analyse psychologique a perdu pour moi tout intérêt du jour où je me suis avisé que l’homme éprouve ce qu’il s’imagine éprouver. De là à penser qu’il s’imagine éprouver ce qu’il éprouve… Je le vois bien avec mon amour: entre aimer Laura et m’imaginer que je l’aime-entre m’imaginer que je l’aime moins, et l’aimer moins, quel dieu verrait la différence? Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire. Et, s’il suffit d’imaginer qu’on aime, pour aimer, ainsi suffit-il de se dire qu’on imagine aimer, quand on aime, pour aussitôt aimer un peu moins, et même pour se détacher un peu de ce qu’on aime- ou pour en détacher quelques cristaux. Mais pour se dire cela ne faut-il pas déjà aimer un peu moins?

 

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