Le ciel est à nous de Luke Allnut

Bonjour à tous,

       J’ai eu la chance de recevoir il y a quelques semaines le premier roman de Luke Allnut : Le ciel est à nous, grâce à la masse critique de Babelio. J’étais un peu perplexe en le commençant car la quatrième de couverture le comparait à Nos étoiles contraires et même si je l’avais bien aimé, je n’avais pas envie de lire un énième roman dans le même genre. Finalement, je suis très contente de l’avoir reçu car ce fut vraiment une bonne surprise.

Couverture Le ciel est à nous

Résumé :

        Rob Coates vit en Cornouailles et partage son existence solitaire entre l’alcool et les aventures d’un soir. La brume ne se lève que lors de ses promenades aux airs de pèlerinages : Rob retourne sur les lieux où il a emmené son jeune fils Jack. Il prend alors des photos panoramiques qu’il poste sur son site, baptisé « Le ciel est à nous ». Derrière ces rares moments de grâce se dévoile, par instantanés, ce que cache la détresse de Rob : l’amour avec Anna, son ex-femme, la réussite professionnelle, un fils chéri, leur complicité partagée. Et puis le drame, et un champ de ruines.
Rob fait de son mieux pour se détruire à petit feu, mais une découverte va le forcer à se remettre en question. Il lui faudra revenir aux sources de sa peine et projeter une lumière nouvelle sur son histoire.
Au-delà du chagrin et de la culpabilité, pourra-t-il trouver la paix et se réconcilier avec le monde ?

Mon avis :

       Si ce roman est comparé à Nos étoiles contraires c’est uniquement parce qu’il traite de la maladie du cancer. Ni le public auquel il se destine, ni les personnages et encore moins l’histoire ne sont comparables à ce dernier. En effet, nous suivons Anna et Rob, un jeune couple anglais qui, après bien des problèmes pour avoir un enfant, donne finalement naissance à Jack.
          Jack est un petit garçon plein de vie qui aime par dessus tout les pokémons et les sites en hauteur. Seulement, 5 ans après sa naissance, quelques vertiges et des moments d’absences alarment Anna et Rob. Le verdict tombe comme un couperet : Jack est atteint d’une tumeur au cerveau.
        La force de ce roman est qu’il ne tombe jamais dans le pathos et les bons sentiments mais qu’au contraire, tous les sentiments ô combien complexes des personnages sont retranscrits de manière ultra réalistes et presque palpables. Le roman n’est pas centré sur Jack mais sur le couple d’Anna et Rob qui se cristallise autour de Jack. En effet, le roman commence par une ellipse dans lequel on nous indique qu’Anna est partie et que Rob a sombré dans l’alcool. Même si l’on sait dès le départ les plus gros aboutissements de l’histoire, l’auteur arrive à nous tenir en haleine tout au long du roman car ce que l’on cherche à savoir avant tout, c’est ce qui a bien pu se passer pour en arriver là. D’ailleurs tous les a priori que l’on pouvait avoir au départ sur la  situation des personnages se transforme lorsque l’on découvre leur psychologie.

       Bref, ce roman est une pépite qui traite très bien du sujet de la maladie que l’auteur maîtrise puisqu’il débutait lui-même une chimiothérapie lorsqu’il l’a écrit. Malgré son sujet difficile, je le conseille à tout le monde car il est vraiment plaisant à lire et nous fait passer par tout un panel d’émotions.

Extrait :

Les gens répètent qu’on n’oublie jamais. On se souvient toujours de la sensation de leurs doigts. La douceur de leur peau. Leur sourire si doux, irrésistible. Leur rire qu’on croit entendre dans le salon lorsqu’on fait la vaisselle. On n’oublie jamais.
Tu parles. On oublie, et plus vite qu’on aimerait le croire. On oublie et ensuite on culpabilise, parce qu’on a l’impression d’être un hypocrite et de ne pas avoir vraiment aimé l’être cher.

La Perle et la Coquille de Nadia Hashimi

Bonjour à tous !

      Je me suis absentée un petit moment mais il était nécessaire que je revienne pour vous parler de ce roman. J’avais entendu parlé de La Perle et la Coquille à sa sortie en grand format il y a trois ans sur la blogosphère où il était alors encensé par tout le monde. Je n’ai donc pas tardé à me le procurer mais il a quand même traîné dans ma bibliothèque un certain temps avant que je ne songe à le lire.

Couverture La perle et la coquille

Résumé :

     Kaboul, 2007. Depuis qu’il a été enrôlé dans les forces talibanes, le père de Rahima n’est plus que l’ombre de lui-même. Sans lui, sa mère et ses sœurs n’ont pas le droit de quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui autorise sous certaines conditions, à travestir une fille jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Rahima devient alors Rahim, et découvre une liberté qui va faire naître en elle un désir d’émancipation aussi fort que celui qu’éprouva son aïeule, Shekiba, un siècle plus tôt. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

Mon avis :

      J’avoue que j’avais un peu peur en commençant ce roman n’étant pas habituée à la littérature et à la culture afghane en général. Cependant, nous sommes très rapidement plongés dans cette histoire où se mêlent péripéties, drames et surtout émotions. Nous suivons deux destins de femmes de deux générations différentes en parallèle : Shekiba l’arrière-grand mère et son arrière-petite fille, Rahima. Si les deux ne se sont jamais rencontrés du vivant de Shekiba, elle entend l’histoire de son ancêtre par sa tante et y trouve de fortes résonances à sa propre histoire. En effet, les deux sont en lutte perpétuelle pour affirmer leur propre identité en tant que femmes. En Afghanistan où celles-ci sont sans cesse rabaissées et entravées et ne sont considérées que en tant qu’épouse et mère, les deux n’ont d’autre choix pour trouver un semblant de bonheur et de liberté que de se travestir en homme. Cette échappatoire  ne dure cependant qu’un temps car leur rôle de femme va vite les rattraper. Pourtant, ni Shekiba ni Rahima ne renonce à cette volonté de liberté ce qui va souvent leur porter préjudice. L’écriture de ce roman, fluide et légère participe au fait que le roman se lise très rapidement. Les deux héroïnes sont toutes les deux très attachantes et on prend réellement plaisir à suivre leurs destins qui ne sont pas sans rebondissements et sans obstacles. Cela m’a fait prendre conscience naïvement de ma chance d’être née en France car même si il y a encore des éléments à ajuster, la condition féminine en Afghanistan reste elle, extrêmement limitée et n’a pas beaucoup évoluée en l’espace d’un siècle.

    Bref, ce roman vous transporte, vous révolte et vous bouleverse toujours avec la plus grande justesse. Je ne pense pas que j’oublierais facilement l’histoire de ces deux femmes qui reflète la réalité d’un problème de société qui est encore loin d’avoir disparu. 

Citations :

« Mon père veut nous marier de force.
Un frisson d’effroi parcourut ma colonne à cette idée. Je compris ce que ma mère savait déjà. Les hommes pouvaient faire ce qu’ils voulaient des femmes. »

« Je ne pouvais m’imaginer Parwin mariée, pas plus que je ne pouvais nous imaginer mariées, mes autres soeurs et moi. Je m’endormis après cela. Je rêvai de filles sous des voiles verts, des centaines de jeunes filles, gravissant la montagne vers le nord de la ville. Un courant émeraude glissant vers le sommet, où, une par une, elles tombaient de l’autre côté, les bras ouverts comme des ailes mais n’ayant jamais appris à voler. »

« – Tu verras plus tard. Chaque petit effort porte ses fruits. Regarde-moi. j’ai la chance de savoir lire. C’est une bougie dans une pièce sombre. Ce que j’ignore, je peux le découvrir par moi-même. Il est plus facile de duper quelqu’un qui n’a pas cette autonomie. »

 

Le premier jour du reste de ma vie de Virginie Grimaldi

Bonjour à tous !

      Aujourd’hui je vous présente un roman que j’ai acheté un peu par hasard puisque la couverture m’a fait penser à l’été et aux vacances donc idéal pour la saison. Finalement cette lecture m’a conquise bien plus que je ne le pensais au départ et j’ai été transporté avec nos trois héroïnes dans leur tour du monde en croisière.

Résumé :

       Marie a tout préparé pour l’anniversaire de son mari : gâteaux, invités, décoration de l’appartement… Tout, y compris une surprise : à quarante ans, elle a décidé de le quitter. Marie a pris « un aller simple pour ailleurs ». Pour elle, c’est maintenant que tout commence. Vivre, enfin. Elle a donc réservé un billet sur un bateau de croisière qui fait le tour du monde. À bord, Marie rencontre deux femmes qui, elles aussi, sont à la croisée des chemins. Au fil de leurs aventures, parfois loufoques, elles pleurent et rient ensemble, à la reconquête du bonheur. Leurs vies à toutes les trois vont être transformées par ce voyage au bout du monde… Tout quitter pour tout recommencer : une comédie tendre et savoureuse !

Mon avis :

       Dans ce roman, nous suivons le personnage de Marie, qui, à l’approche de la quarantaine sent que sa vie s’enlise complètement entre des rêves de voyages laissés de côté et un mari qui la traite davantage comme une plante verte que comme sa femme. Elle décide alors de tout plaquer et de partir réaliser son plus grand rêve : faire le tour du monde. C’est ainsi qu’elle va s’inscrire à une croisière qui se spécialise dans les personnes seuls (célibataires, divorcés ou bien veufs) et qui comptent bien le rester. Si elle s’attend à voyager en tête à tête avec elle même pour se retrouver, Marie va très vite se lier d’amitié avec deux femmes que tout oppose que ce soit la génération ou bien le caractère. La première, Camille a la vingtaine, et considère la croisière comme une opportunité de remplir son tableau de chasse ; la deuxième, Anne, 60 ans, peine à se remettre de sa séparation avec celui qu’elle considère comme son seul et unique amour. Toutes les trois sont donc dans l’attente d’un renouveau, de quelque chose qui va changer leurs vies à tout jamais. La croisière va leur permettre de se chercher et de s’épanouir ensemble dans cette nouvelle vie.

      Pour une fois dans ce genre de roman, les relations amoureuses ne sont pas au premier plan et, même si elles ne sont bien sûr pas totalement évincées non plus, elles passent pourtant au deuxième plan derrière la relation amicale qui lie les trois femmes entre elles. Au fil de l’histoire, on voit leur amitié évoluer et se renforcer jusqu’à devenir vitale pour les trois héroïnes. Elles vont vivre des aventures complètement folles à travers tous les pays qu’elles visitent et on se sent vraiment voyager avec elles à bord de la croisière. D’autres personnages vont venir se greffer à l’histoire et sont tous vraiment attachants et bien pensés.

       Ce roman est vraiment idéal quand on rêve d’évasion ou juste pour se vider l’esprit. Il est drôle, touchant et terriblement prenant. Je le conseille à tous, que ce soit les vacances ou pas pour vous, c’est une lecture qui vous en donne par procuration ! 😉

Citations :

La vie, c’est comme un tour de magie. Quand on est enfant, on ne voit que le devant de la scène. C’est fabuleux, on s’émerveille, on se pose des questions, on a envie d’en savoir plus. Et puis, on grandit. Peu à peu, les coulisses se dévoilent, on réalise que c’est compliqué. C’est moins joli, c’est quand même parfois moche, on est déçu. Mais on continue quand même à s’émerveiller.

Croyez-moi, l’amour peut frapper à tout âge, partout. Même quand on ne l’attend pas. Il serait dommage de lui tourner le dos. Nous allons tous au même endroit ; autant rendre le chemin plus heureux.

 

 

 

 

 

Billy Brouillard : Les comptines malfaisantes III de Guillaume Bianco

Bonjour à tous !

           Au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, j’ai craqué pour un tome de la série Billy Brouillard qui me faisait de l’œil depuis quelque temps de par son univers un peu creepy et mignon à la fois. Evidemment, comme je ne savais pas quel tome lire en premier puisqu’il me semble qu’ils se lisent tous indépendamment,  j’ai commencé par celui qui m’intéressait le plus : Les comptines malfaisantes tome III, Histoires de chats, (je pense que vous êtes au courant de mon amour inconditionnel des ces petites bêtes maintenant :p).

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Résumé :

       Ces cinq ultimes « Comptines malfaisantes » lèvent le voile sur cinq chats, cinq races connues de tous. Se pourrait-il que le bombay, le célèbre chat noir, ait été créé par mégarde, la veille du Sabbat, par de petites sorcières qui voulaient faire un cadeau à Belzébuth ? Est-ce que, tout comme la petite Zoé, vous auriez écrit une lettre de réclamation au Père Noël après avoir reçu un chat sans poils, mystérieusement appelé sphinx ? Saurez-vous utiliser le petit guide pratique du siamois, afin de comprendre et dresser cet animal mi-chien, mi-chat ? Le persan est aussi prétentieux que paresseux. Mais pourquoi a-t-il le faciès écrasé ? Et que se passerait-il si votre meilleur compagnon était l’un des chats les plus gros au monde ? Le maine coon peut, en effet, mesurer jusqu’à 1,25 m et s’avérer un poil encombrant… Ce dernier opus, ultime délice d’imagination, d’onirisme et d’humour, devrait enchanter les amateurs de mystère et de félins 

Mon avis :

       Je n’ai été déçue ni par les histoires où se mêlent humour noir et tendresse, ni par les dessins qui collent parfaitement à cette ambiance et et ne sont pas sans rappeler l’univers de Tim Burton. Chaque histoire concerne une espèce de chat en particulier (persan, siamois, shynx, maine coon etc…) et est entrecoupée par une double page d’informations sur la race dont il est question. Nous pouvons ainsi en apprendre plus les origines et caractéristiques de nos petites boules de poils. Ces pages sont complétées par de petites anecdotes souvent légères mais parfois beaucoup moins (par exemple nous apprenons que le persan est le chat de race le plus abandonné car c’est celle qui requiert le plus de soin). J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre et ces histoires imaginatives aux illustrations aussi drôles que mignonnes? Un album idéal pour tous les amoureux des chats ! Par contre, selon moi,  il n’est tout de même pas à mettre entre toutes les mains. En effet même si cela pourrait être identifié comme un album jeunesse,  je ne pense pas que ce soit le public auquel il se destine car certaines histoires sont quand même assez dures même si elles sont malheureusement criantes de vérités. En tout cas, j’ai été conquise et je pense que je vais très bientôt découvrir d’autres albums de la série Billy Brouillard ! 🙂

Petit aperçu :

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De cape et de mots de Flore Vesco

Bonjour à tous !

         Aujourd’hui je vais vous parler du premier roman de Flore Vesco, une auteur française qui a écrit à ce jour deux romans jeunesse et dont j’entends toujours énormément de bien. J’ai craqué sur De cape et de mots au salon de Montreuil où il a reçu le prix « la voix des blogueurs ». Je n’ai pas attendu très longtemps pour me lancer ensuite, tant j’étais curieuse ! 🙂

Couverture De cape et de mots

Résumé :

      Serine, en dépit de la volonté de sa mère, refuse de se marier. Mais pour sortir ses frères de la pauvreté, elle doit agir. Sa décision est prise : elle sera demoiselle de compagnie ! La tâche s’annonce difficile : la reine est capricieuse, antipathique, et renvoie ses demoiselles aussi souvent qu’elle change de perruque. Mais Serine ne manque pas d’audace et, tour à tour, par maladresse ou génie, se fait une place. Elle découvre alors la face cachée de la cour : les manigances, l’hypocrisie et les intrigues… et tente de déjouer un complot.

Mon avis :

        Sérine, jeune fille audacieuse et malicieuse, décide de faire son entrée dans la cour pour échapper à un mariage forcé auquel sa mère la destine. La jeune fille parvient par une heureux hasard à intégrer le groupe convoité des Demoiselles, au service d’une reine au tempérament plutôt tyrannique. Elle fait alors preuve de ruse et d’adresse pour satisfaire les caprices de la Reine et découvre malgré elle qu’une sombre machination est en cours pour faire tomber le Roi. Travestie en bouffon, elle se rapproche de ce dernier et tente de déjouer les complots qui le menace. Provocante et plus audacieuse que jamais dans son costume, elle regorge d’inventivité pour jouer des tours à la cour en montrant le vrai visage de tous ces courtisans aussi hypocrites que corrompus.
         Ce roman est très court ( 180 pages) mais Flore Vesco signe un petit bijou d’imagination. En effet, j’ai adoré son écriture pleine de fantaisies et de subtilités langagières qui donnent un côté ludique et enfantin à son récit. Même s’il est orienté jeunesse, je pense qu’il n’y a pas d’âge pour le lire si ce n’est à partir de 13/14 ans car certaines scènes sonnent bien plus adulte que jeunesse.
       Des complots au coeur de la cour, une héroïne courageuse et intrépide, des bourreaux aux cœurs tendres, des aventures rocambolesques et une écriture agréable et inventive, moi, j’adhère à 100% ! Un gros coup de coeur en attendant de lire son deuxième roman : Louis Pasteur contre les loups-garous que je mets dès maintenant dans ma wishlist. Foncez, vous ne regretterez pas ! 🙂

Extrait :

Elle ouvrit la bouche, persuadée qu’aucun son n’allait en sortir. Elle s’entendit alors déclarer :
– Majesté, vous êtes plus ravissantes qu’un… qu’une esperlune.
S’ensuivit un silence magistrale, au cours duquel Serine eut tout loisir de s’étonner de ce mot improbable qu’elle venait d’inventer.
La reine resta d’abord interdite. Mais elle craignit, en demeurant silencieuse, qu’on s’imagine qu’elle n’avait pas compris ce mot étrange. Elle prit son air le plus savant, et s’exclama :
– Mais la comparaison est absolument charmante ! Redites- moi votre nom?
Tout le monde regarda avec intérêt cette nouvelle demoiselle si cultivée. Cette dernière s’enhardit jusqu’à répondre :
– J’ai déjà abusé de votre patience en vous le donnant à entendre une première fois. Si vous le permettez appelez-moi Serine, Votre Majesté.
La reine hocha la tête avec indulgence.
C’était la première fois que Sa Majesté prenait la peine de répondre au compliment d’une demoiselle. Après un tel événement, nul n’osa se ridiculiser en demandant ce qu’était une esperlune. Au contraire il devint chic de l’employer à tout va.

Cherche jeune femme avisée de Sophie Jomain

Bonjour à tous !

        Aujourd’hui je reviens avec un roman de Sophie Jomain, une auteur française qu’il me tarde tellement de découvrir que j’ai déjà le début de ses deux séries fantastiques : Les étoiles de Noss Head et Félicity Atcock dans ma PAL. Pourtant c’est avec un de ses romans contemporains que j’ai souhaité la découvrir puisque chaque fois que je passais devant, la couverture me faisait de l’œil (l’effet du pigeon sûrement xD).

Couverture Cherche Jeune femme avisée

Résumé :

       Quand il voit débarquer dans son cabinet la ravissante, mais ô combien extravagante Gabrielle Géris, Adrien de Bérail est loin d’imaginer qu’il se laissera convaincre de l’embaucher comme baby-sitter. Veuf et très accaparé par son métier d’avocat, il lui faut de toute urgence une personne capable de prendre soin de ses deux chérubins, Paul et Sophie, tout juste âgés de neuf ans. C’est donc en dépit de ce que lui crie la raison qu’il accepte sa folle candidature.
Une personnalité audacieuse et un toupet incroyable pour un petit mètre soixante sur talons… Qui sait ? La jeune femme pourrait bien se révéler être la perle rare…

Mon avis :

          Si vous êtes amateurs de romances aussi légères qu’intelligentes, bien menées et surtout très plaisantes, ce roman est fait pour vous. Adrien de Bérail est un avocat de renom, en apparence distant et froid, il ne laisse pas grande place à la fantaisie dans sa vie. Alors, lorsqu’il fait face à la tempête Gaby, une jeune femme extravagante et maladroite qui enchaîne catastrophe sur catastrophe, c’est le coup d’éclat assuré. Dans ce roman, nombreuses sont les situations cocasses dans lesquelles les personnages se retrouvent plongés malgré eux et elles nous font littéralement pleurer de rire. Le récit s’équilibre à merveille entre ces passages et d’autres beaucoup plus profonds et émouvants sur la vie et tout ses aléas. Les sentiments que partagent nos deux protagonistes sont écrits avec tellement de justesse que l’on a l’impression de les vivre, nous aussi. Enfin, même les personnages secondaires ont leur charme et leurs attraits, mention spéciale à Rosa-Louise Moine, la domestique des de Bérail qui est juste adorable. En bref, les quasi cinq cent pages sont très vites lues tellement on a hâte de découvrir la fin de cette histoire explosive ! Ce roman est vraiment une petite pépite du genre, idéal quand on veut se changer les idées où que l’on a besoin d’une histoire qui fait du bien tout simplement ! 🙂

Citation :

« Les plus belles histoires devraient toujours commencer par un pigeon. »

Mes coups de cœur de 2016

Bonjour à tous !

     Premier article de l’année 2017, il est donc temps pour moi de vous présenter mes vœux. Je vous souhaite à tous une superbe année, pleine de belles lectures, de nouvelles découvertes, d’éclats de rire et d’émotion en tout genre !

        2016 a été pour moi une année de transition entre vie étudiante et vie professionnelle, mes habitudes de lectrices en ont été pas mal chamboulées et j’ai du prendre un nouveau rythme un petit peu moins productif au niveau du nombre de mes lectures mais également de mes achats. Cependant j’ai tout même fait de belles, voire même de très belles découvertes. Voici donc un petit récapitulatif de mes cinq plus gros coup de cœur de l’année 2016 !

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          Vous devez connaître maintenant mon amour pour cette série dont j’attends avec la plus grande impatience le troisième tome. Un univers foisonnant et original, une ambiance toute particulière qui oscille entre steampunk et fantasy, une intrigue haletante, des personnages réalistes et attachants, une histoire superbement écrite et faite aussi bien pour les adolescents que pour les adultes, cette série réunie vraiment toutes les conditions pour un vrai coup de cœur. J’ai vraiment hâte de voir ce que la suite nous réserve ! 🙂

         Lorsque j’ai entendu parler de cette série comme étant un quasi Harry Potter, j’étais plus que sceptique mais à la vue des nombreuses critiques enthousiastes que j’ai pu en lire, je n’ai pas pu m’empêcher d’y jeter un œil. Et bien si cela n’égale tout de même pas Harry Potter pour moi, cela s’en rapproche tout de même beaucoup ! Nous y retrouvons une école de magie, des enfants qui découvrent l’étendue de leurs pouvoirs et se retrouvent plongés malgré eux dans des histoires mystérieuses et des conflits secrets dont ils ne comprennent qu’en partie les enjeux. Si cela pourrait être assimilé à un simple copier/coller de Harry Potter, il n’en est rien puisque l’univers de Shannon Messenger est vraiment original et c’est un réel plaisir de redécouvrir certaines similitudes tout en découvrant son propre univers. J’ai vraiment hâte de découvrir la suite qui s’annonce encore meilleure !

Un roman que j’ai lu au bon moment puisque je venais d’être employée dans une société qui a de nombreux points communs avec Pyxis, la société dans laquelle Ophélie fait son stage de fin d’étude. Ce que j’ai surtout aimé dans ce roman c’est qu’il s’adresse à une tranche d’âge qui est assez peu représentée dans les différents médias : les jeunes adultes qui débutent sur le marché du travail. Samantha Bailly retranscrit avec réalisme toutes les galères auxquelles ceux-ci sont confrontés, entre recherche d’appartement, contrats précaires et payes qui suffisent à peine à payer le loyer. Mais aussi la vie quotidienne pleine de rebondissement et de découvertes : départ à l’étranger, soirées et aléas de l’amour. Un roman qui fut donc pour moi une très belle découverte et, s’il se suffit à lui même, je lirai tout de même la suite indirecte de l’auteur qui sortira bientôt ! 🙂

          Ce roman a été un vrai challenge pour moi puisque non seulement il s’agit d’un gros pavé mais en plus d’un thriller et je ne suis pas la plus friande de ce genre littéraire. Or, s’il se retrouve dans cette liste aujourd’hui, c’est parce qu’il m’a vraiment fait passer par tout un panel d’émotions et surtout il a réussi à  me faire douter à chaque instant (ce qui est assez rare pour être souligné ^^) En effet, si le roman est long, il se lit très vite tant il est addictif.  Cela est surtout dû aux nombreux rebondissements dans l’histoire qui remettent à chaque fois une nouvelle couche de suspense et multiplient les pistes. J’ai aussi beaucoup aimé les nombreuses réflexions sur la littérature et l’écriture à travers le roman puisque le personnage principal est un écrivain en mal d’inspiration. C’est donc un roman que je recommande mille fois que l’on soit  ou non amateur de thriller !

        On finit par mon premier coup de cœur de 2016, un roman contemporain qui parle de livres et du métier de libraire, forcément, moi, ça me parle ! Ce roman est vraiment une petite pépite pour tous les passionnés de lecture. A.j, libraire bourru et peu sociable, retrouve un matin, une enfant abandonnée par sa mère dans sa librairie. Il va la protéger de tous et lui transmettre son amour pour la lecture qu’il nous transmet à nous aussi indirectement. C’est un roman riche en émotion, superbement bien écrit et qui fait du bien au moral !  🙂

        J’ai eu d’autres coups de cœur cette année mais ceux-ci sont vraiment les plus importants puisque ceux sont ceux qui m’ont le plus marqués. N’hésitez pas à me dire quels ont été les vôtres pour que je puisse faire de nouvelles découvertes ! 😀

 

Sœurs sorcières, tome 2 de Jessica Spotswood

Bonjour à tous !

     J’espère que vous avez tous passé un très joyeux Noël ! Aujourd’hui je reviens avec une chronique que j’avais très hâte de publier puisqu’il s’agit du deuxième tome d’une de mes séries coup de coeur de l’an passé : Sœurs sorcières. Pour ceux qui aurait louper mon avis sur le premier tome, elle se trouve juste ici 🙂

Couverture Soeurs sorcières, tome 2

Résumé (attention spoilers)

        Cate a dû quitter son fiancé Finn, et rejoindre l’ordre des sœurs, qui sont en fait des sorcières, à New London, pour protéger ses cadettes Maura et Tess. Mais elle se fait difficilement à sa nouvelle vie au couvent où chacune des sœurs attend d’elle des prouesses. Surtout que la doyenne de l’ordre, Cora, est mourante et qu’il faudra bientôt la remplacer : si Cate est bien la sorcière de la prophétie, cette charge doit lui revenir…. Cependant l’ordre est divisé. Alors que les persécutions des femmes suspectées de sorcellerie se multiplient, certaines sorcières ne supporte plus de rester inactives. Au diable la prudence de sœur Cora! Il faut agir, quitte à déclencher une guerre contre les frères! Cate oscille, qui suivre? Celles qui préconisent la patience ou celles qui ont soif de vengeance?

Mon avis :

 Avec spoils :  

      Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Cate, membre à présent de l’ordre des sœurs qui n’est autre qu’une société secrète de sorcières qui cherchent à renverser le pouvoir pour ne plus avoir à se cacher et subir les injustices et persécution commises par les frères à leur égard. Cate, en tant que possible sorcière de la prophétie qui annonce ce renversement, se voit la responsabilité d’organiser ce coup d’état. Elle va donc s’improviser meneuse alors que d’autres sorcières cherchent à lui faire de l’ombre….

Sans spoils :

      Ce deuxième tome vient confirmer mon coup de coeur pour cette série, j’apprécie toujours autant l’ambiance dans laquelle nous plonge ce roman, pleine de suspense, de secrets et cette mystérieuse prophétie déterminante dont on perçoit peu à peu les enjeux. Les trois sœurs Cahill ont chacune un caractère différent mais bien affirmé. Si dans le tome 1, j’avais trouvé le personnage de Cate assez énervant, dans celui-ci, c’est Maura qui m’a le plus déçu même si j’espère qu’elle va se rattraper dans le dernier tome puisque c’est un personnage plein de potientiel. Enfin, j’ai surtout adoré retrouvé Finn qui est sans nul doute un de mes personnages préférés de la série. J’ai maintenant hâte de savoir comment tout cela va se terminer surtout que la fin nous plonge dans un suspense quasiment insoutenable ! Une série que je recommande donc vivement !! 😀

Citations :

La première mesure, en vigueur immédiatement, est l’interdiction faite aux femmes de travailler hors du foyer.
(…)
La seconde mesure, également en vigueur sans délai, est l’interdiction faite, à partir de ce jour, d’apprendre à lire aux filles. Nous ne pouvons rien, il va de soi, pour celles qui ont déjà appris, mais à l’avenir nous bannissons cet apprentissage, aussi inutile que dangereux.

On dit que les nations sont façonnées par les guerres ; il se pourrait que les femmes aussi.

Les Stagiaires de Samantha Bailly

Bonjour à tous !

     Aujourd’hui, je vais vous présenter un coup de coeur et cela faisait assez longtemps que je n’en avais pas eu donc j’en suis absolument ravie ! Samantha Bailly est une auteur que j’avais vraiment hâte de découvrir car j’en entends énormément parler et quasiment tout le temps en bons termes. J’ai quand même attendu presque deux ans pour lire ce roman qu’elle m’avait dédicacé lors du salon de Montreuil mais en tout cas, cela valait vraiment le coup d’attendre ! 🙂

Couverture Les stagiaires

Résumé :

       Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d’horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative. Une réalité s’impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d’élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives. Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne. Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro… Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent.
Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?

Mon avis :

Le principal point positif de ce roman est qu’il s’adresse à une catégorie de lecteurs dont je fais partie, très souvent délaissée par les auteurs : les jeunes adultes (et non pas adolescent) qui débarquent tout juste dans la vie active. Et oui, entre le foisonnement des romans young adult et des romans adultes contemporains, voilà enfin un roman qui s’adresse à nous, la génération Y ! En effet, comme vous l’aurez compris avec le titre, Samantha Bailly nous dresse ici le portrait très  fidèle de jeunes gens d’origines différentes évoluer au sein de leurs stages dans une entreprise parisienne qui est autant une machine à rêve qu’elle peut être impitoyable : Pyxis. Nous y suivons donc un groupe de stagiaires qui oscille entre afterworks et réunion, entre amours et désamours et surtout entre illusions et désillusions. Il n’est pas possible pour la tranche d’âge à laquelle le roman s’adresse, de ne pas s’identifier aux personnages et à leur histoire. La recherche cauchemardesque d’un appartement à Paris, les amours tortueux des gens de notre âge, l’espoir de signer un contrat après son stage, les conditions de travail précaires d’un stagiaire et son statut minable etc. Bref j’ai lu ce roman avec délectation, me plongeant parfaitement dans l’histoire comme si je connaissais réellement les personnages. Je me suis surtout reconnue en Ophélie qui débarque toute innocente de sa province pour arriver dans la jungle parisienne. C’est un roman aussi léger qu’acerbe, deux adjectifs qui selon moi, représentent parfaitement le quotidien des jeunes adultes de nos jours. Vous l’aurez compris, c’est un gros coup de coeur que je vous recommande à tous ! Et la bonne nouvelle de la fin c’est que Samantha Bailly vient d’annoncer sur sa chaîne Youtube que
Les Stagiaires sera une trilogie (qui se lira indépendamment) et qu’en plus, il y aura une sorte de cross-over avec Nos âmes rebelles et Nos âmes jumelles, deux romans qui sont déjà dans ma PAL et qu’il me tarde vraiment de lire ! 😀

Extrait :

-Bon je vais te donner une petite définition. Stage: période de formation, d’apprentissage ou de perfectionnement en entreprise.
Je le dévisage, interdite face à son rappel. Ca m’étonnerait que Caroline accepte ça comme justification à l’absence d’article dans la boîte mail, demain.
-Tu fais le boulot d’une employée, là, déclare-t-il. (…) Vous êtes payés 400 euros, merde!
-Je sais bien, je sais bien…
-Un conseil: ne commence pas à entrer dans ce cercle infernal. (…)
Tu seras exploitée, jusqu’à l’épuisement, continue-t-il, un citron qu’on presse, qu’on presse, qu’on presse, et quand il n’y a plus de pulpe: poubelle.
-Charmant, murmuré-je.
-Voilà dans quelle société on évolue Il faut se battre, Ophélie! Ne pas accepter qu’on te traite de la sorte! Tu es en stage, pas en poste! Si Pyxis permet que quelqu’un fasse autant d’heures sup, alors ça veut dire qu’il y a un besoin. La boîte n’a qu’à ouvrir es postes avec l’argent des jeux online, si ça marche si bien !

Le soleil est pour toi de Jandy Nelson

Bonjour à tous !

        Me revoici (enfin) avec une nouvelle chronique d’un livre que je voulais lire depuis sa sortie en VO : Le soleil est pour toi de Jandy Nelson. Je n’ai pas encore lu son premier roman : Le ciel est partout qui, pourtant, me tente beaucoup aussi. Je n’avais d’ailleurs pas fait le lien entre les deux avant de lire Le soleil est pour toi car la seule raison qui m’avait poussé à le lire était les critiques extrêmement positives sur ce roman (oui je suis très influençable niveau lecture :p) Bref je me suis lancée et mon avis rejoins celui du plus grand nombre je pense ! 

Couverture Le soleil est pour toi

Résumé : 

      Noah et Jude vivent en Californie. Les jumeaux sont très proches bien que différents : Noah, le solitaire, dessine à longueur de temps et Jude, l’effrontée, est passionnée par la sculpture. Mais les premiers troubles de l’amour et du désir bouleversent leur relation et leurs chemins se séparent.

Mon avis :

          Au début, j’ai été un peu troublé par la structure du livre qui faisait sans arrêt des retours dans le passé et des échanges de voix entre Noah et sa sœur jumelle, Jude. Cela avait pour effet de nous laisser dans un flou permanent. Cependant, j’ai vite compris que l’effet était recherché car cela nous permettait d’avoir deux versions des faits très différentes l’une de l’autre et d’appréhender ainsi les choses petit à petit ce qui est finalement très bien pensé par l’auteur. En effet, si la première partie du livre met en place les éléments principaux de l’histoire ; dans la deuxième, nous comprenons qu’un événement a tout chamboulé et qu’un mystère demeure sur le déroulement de cet événement et de ces conséquences sur les personnages.
       Je me suis donc très vite adaptée à cette particularité de la structure narrative pour m’imprégner totalement de l’histoire ; d’autant plus que les voix de Jude et de Noah sont vraiment très différentes l’une de l’autre. Les deux ont un naturel débordant d’imagination mais de manière très distincte que l’auteur réussi parfaitement à saisir dans l’écriture de ces deux voix. J’ai adoré les deux personnages qui se ressemblent tout en étant très différents. En effet, les deux jumeaux ont chacun une manière différente d’exprimer leurs sentiments, de prouver leur courage et de développer leur imagination ce qui les rend aussi spéciaux et attachants l’un que l’autre.
         L’histoire m’a beaucoup plu et souvent ému. Cependant, je pense que si j’avais un peu plus la fibre artistique, je me serais encore davantage attachée à cette histoire. Il est difficile de se mettre dans la peau des personnages qui vivent et respirent l’art lorsque nous n’y sommes pas aussi sensibles nous même. L’écriture de l’auteur est au service de l’émotion qui se dégage de l’histoire puisqu’elle sonne vraiment juste, poétique et douce ce qui est vraiment plaisant pour un livre destiné avant tout aux ados.
    L’auteur réussi à rendre l’écriture de l’art réellement vivante. Nous avons une véritable représentation visuelle des œuvres qu’elle décrit mais aussi émotionnelle par les émotions que véhiculent ces œuvres. Voici donc un roman qui mérite vraiment que l’on s’y attarde surtout si vous êtes sensible à tout ce qui touche au domaine de l’art. Je lirai sans aucun doute Le ciel est partout qu’il me tarde encore plus de me procurer ! 🙂

Citations :

« Rencontrer son âme sœur, c’est comme entrer dans une maison où on serait déjà allé : on reconnaît les meubles, les images accrochées aux murs, les livres sur les étagères, les contenus des tiroirs. On pourrait y retrouver son chemin dans le noir, s’il le fallait. »

« Je me tourne vers elle, soudain rappelé au fait qu’on a été fabriqués ensemble, cellule par cellule. On se tenait déjà compagnie avant d’avoir des yeux ou des mains. Avant même que nos âmes soient livrées »

« Mais peut-être que chacun de nous contient plusieurs personnes, en réalité. Comme des strates supplémentaires qu’on se rajoute en permanence. Et qu’on intègre en soi chaque fois qu’on fait des choix, bons ou mauvais, qu’on rate quelque chose, qu’on progresse, qu’on perd la tête, qu’on retrouve ses esprits, qu’on se sépare, qu’on tombe amoureux, qu’on fait son deuil, qu’on grandit, qu’on se retire du monde, qu’on se jette dedans à corps perdu, qu’on fait des choses et qu’on détruit. »