Les faux-monnayeurs d’André Gide

Bonjour à tous !

      Aujourd’hui, je vais vous présenter un roman classique français : Les faux-monnayeurs d’André Gide qui est, si je ne me trompe pas, au programme du Bac de littérature cette année. J’avais déjà abordé André Gide à la fac avec Les caves du Vatican, que j’avais trouvé sympa et facile à lire mais qui finalement ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable. J’ai donc retenté ma chance avec un autre de ses romans les plus connus.

Couverture Les faux-monnayeurs

Résumé : 

          Qu’un jeune garçon apprenne qu’il n’est pas le fils de son père, qu’il décide de ne pas se présenter à ses examens et de partir au hasard de certaines rencontres : jusque-là, rien que de très commun. Mais qu’il croise la route tordue de faussaires en tout genre, d’enfants qui trafiquent de la fausse monnaie ou de tricheurs ès sentiments, et l’histoire se transforme en une folle épopée où les différents fils se mêlent et s’emmêlent pour mieux finir par démêler tous les mensonges. Singulier roman que cette croisée de destins et de personnages : il surprend et fascine, tant il ne ressemble à rien de connu tout en conservant une structure parfaitement attendue. Manière de symphonie, où Gide, qui tenait Les Faux-Monnayeurs pour l’un de ses textes les plus aboutis, orchestre les thèmes qui lui sont chers : l’adolescence et ses tourments, les troubles d’identité, mais surtout le mensonge, le faux sous toutes ses facettes, qu’il débusque avec acharnement, pour qu’enfin les masques tombent.

Mon avis : 

        Dans ce roman, nous gravitons autour de plusieurs personnages dont les destins se mêlent et s’entremêlent. Les personnages principaux ont tous des caractères bien différents, entre Bernard le téméraire éprit de liberté, Olivier l’ami fidèle mais un peu naïf sur les bords et Edouard l’écrivain torturé. Ils partagent pourtant tous les trois un point commun : le fait de se chercher tout au long de l’histoire puisqu’ils sont tous plongés dans une profonde crise existentielle. Ils vont ainsi peu à peu s’affirmer à l’aide de plusieurs autres personnages secondaires qu’ils vont croiser et qui vont les influencer tantôt positivement, tantôt négativement. 

       La force de ce roman est la pluralité des points de vue qui permet de se faire une idée plus globale de la psychologie des personnages. Dans Les faux-Monnayeurs, André Gide exprime ses théories littéraires à travers le personnage d’Edouard ce qui confère un effet de mise en abyme puisque le roman que prépare celui ci se nomme également Les faux-monnayeurs. Ceci permet notamment de débattre au sein de son récit sur les limites entre la réalité et la fiction et notamment sur les notions de vraisemblance et faux semblants ce qui était d’ailleurs précurseur de la veine du Nouveau Roman. Pour mettre en pratique ses théories, il n’hésite pas à mêler à ses personnages de fiction d’autres bien réels notamment le célèbre Alfred Jarry et se permet également d’intervenir directement au sein de l’histoire donnant son avis sur certaines situations et jugeant par conséquent ses propres personnages.

         Si j’ai beaucoup aimé toutes ses réflexions autour de la littérature remises dans le contexte de l’époque, le récit en lui-même ne m’a pas happé plus que cela, je l’ai même trouvé plutôt long à certains moments. Le fait qu’il y ait autant de personnages et de points de vue est aussi une faiblesse puisque cela ne permet pas d’approfondir leurs histoires respectives et donc de s’y attacher. Enfin, je comprends surtout l’intérêt littéraire de ce roman qui permet de se faire une idée sur les questionnements des écrivains à cette époque et rien que pour cela je pense qu’il vaut le coup de s’y plonger, d’autant plus qu’il se lit très bien ! 🙂

Extrait :

L’analyse psychologique a perdu pour moi tout intérêt du jour où je me suis avisé que l’homme éprouve ce qu’il s’imagine éprouver. De là à penser qu’il s’imagine éprouver ce qu’il éprouve… Je le vois bien avec mon amour: entre aimer Laura et m’imaginer que je l’aime-entre m’imaginer que je l’aime moins, et l’aimer moins, quel dieu verrait la différence? Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire. Et, s’il suffit d’imaginer qu’on aime, pour aimer, ainsi suffit-il de se dire qu’on imagine aimer, quand on aime, pour aussitôt aimer un peu moins, et même pour se détacher un peu de ce qu’on aime- ou pour en détacher quelques cristaux. Mais pour se dire cela ne faut-il pas déjà aimer un peu moins?

 

La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker

Bonjour à tous !

           Voici un livre que je suis vraiment contente d’avoir lu puisqu’il m’a permis de lire enfin un des plus gros pavés de ma bibliothèque et en plus l’histoire en valait vraiment la peine. Juliette du blog Petite Plume m’a proposé de faire une lecture commune avec elle pour pouvoir justement rayer ce pavé de nos PAL respectives, ce que j »ai accepté avec plaisir même si finalement je l’ai terminé bien après elle ! 🙂

Couverture La vérité sur l'Affaire Harry Québert

Résumé :

        À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.
Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Mon avis :

      Je ne lis que très peu de thrillers donc j’étais plutôt curieuse de savoir si celui-ci allait me plaire et à vrai dire, il a même réussi à me réconcilier avec le genre. Ce roman réussi parfaitement à mélanger le rapport à la littérature et à l’écriture avec une enquête policière bien ficelée qui semble quasiment impossible à résoudre. En effet, nous suivons Marcus Goldman, jeune écrivain qui peine à trouver l’inspiration pour son deuxième livre. Il reçoit alors l’appel de son ami et mentor qui l’enjoint à venir lui rendre visite, chez lui, dans un petit village du New Hampshire : Aurora. Peu après leur échange, ce dernier va se retrouver accusé du meurtre de Nola Kellergan disparue il y a plus de 30 ans. Marcus décide alors de tout quitter pour démêler l’affaire de lui même et se retrouve ainsi à enquêter dans le petit village d’Aurora pour défendre son ami et découvrir la vérité sur ce qui s’est vraiment passé ce fameux jour de l’été 1975. Le point fort de ce roman est que l’enquête est totalement addictive et je pense que c’est pour cette raison que celui-ci rencontre tant de succès. Les rebondissements sont multiples et m’ont empêché de deviner les plus gros éléments de l’intrigue même si ce n’est pas faute d’avoir essayer ! Le fait que l’enquête soit mêlée à la quête d’écriture du protagoniste donne vraiment un résultat surprenant car c’est finalement une mise en abyme du travail d’écriture de l’auteur lui-même. Si l’histoire est totalement addictive je suis contente d’avoir pris mon temps car j’ai pu vraiment assimiler chaque éléments et les confronter entre eux pour essayer de découvrir la vérité par moi même. Finalement je n’ai qu’un seul regret concernant ce roman et il provient de l’écriture car elle est un peu trop bancale à mon goût notamment au niveau des dialogues et des discours amoureux qui sont parfois très niais voire décalés par rapport au reste de l’histoire. Cependant c’est bel et bien l’histoire et ses personnages qui portent le livre et, pour cette raison, je le conseille vraiment à tous. Même si c’est un gros pavé, il ne faut vraiment pas en avoir peur car il se lit très bien  ! 😉

Citations :

« Les mots sont à tout le monde, jusqu’à ce que vous prouviez que vous êtes capable de vous les approprier. Voilà ce qui définit un écrivain. Et vous verrez, Marcus, certains voudront vous faire croire que le livre est un rapport aux mots, mais c’est faux: il s’agit en fait d’un rapport aux gens. »

« Si les écrivains sont des êtres si fragiles, Marcus, c’est parce qu’ils peuvent connaître deux sortes de peines sentimentales, soit deux fois plus que les êtres humains normaux : les chagrins d’amour et les chagrins de livre. Écrire un livre, c’est comme aimer quelqu’un : ça peut devenir très douloureux. »

— Pour un véritable écrivain. Écrire c’est être libre.
Il se força à rire.
— Qui vous a mis ces sornettes en tête ? Vous êtes esclave de votre carrière, de vos idées, de vos succès. Vous êtes esclave de votre condition. Écrire, c’est être dépendant. De ceux qui vous lisent, ou ne vous lisent pas. La liberté, c’est de la foutue connerie ! Personne n’est libre

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

Bonjour à tous !

      Aujourd’hui on va parler d’un roman que j’ai lu dans le cadre du challenge Cold Winter à cause de son titre : Quand souffle le vent du nord. Au final il n’avait pas grand chose à voir avec l’hiver mais je suis très contente de l’avoir lu malgré tout puisqu’il traînait dans ma PAL depuis 3/4 ans il me semble !

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Résumé :

      En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler…

Mon avis :

     J’aime beaucoup les romans épistolaires car cela rend souvent les lectures plus légères et plus rapide aussi. Ici, c’est un roman épistolaire plutôt moderne puisque ce ne sont pas des lettres mais bien des mails qui sont échangés entre Léo Leike et Emma Rothner. L’histoire commence par un heureux hasard puisque les deux ne se connaissent seulement parce que Emma a fait une faute d’orthographe dans l’adresse mail du magazine qu’elle veut résilier, son mail tombant ainsi dans la boîte mail de Léo. Suite à cela des liens vont se nouer, tout d’abord cordiaux puis amicaux et enfin une relation très spéciale va se tisser entre les deux à travers la multitude de mails qu’ils s’échangent quasiment tous les jours. Seulement, leur relation se crée uniquement autour de ces mails puisqu’ils mettent tous les deux un point d’honneur à ne surtout pas se rencontrer. Emmi est mariée et heureuse, Léo Leike sort d’une relation difficile pourtant les deux vont trouver chez l’autre ce qui leur manque au quotidien. Ils deviennent ainsi addicts à leur boîte mail et au personnage virtuel qu’ils s’imaginent chacun derrière leurs clavier. Ce roman est assez addictif puisque bien sûr, leur relation l’est et on veut sans cesse connaître le fin mot de l’histoire : vont-ils finalement se rencontrer ??? Cela part vraiment bien mais le problème majeur de ce roman, c’est les répétitions. Chaque fois qu’on pense avancer un peu, on fait au final du sur-place et au bout d’un moment cela devient vite lassant. Je n’ai pas compris le personnage de Emma qui ne sait définitivement pas ce qu’elle veut, jouant ainsi avec les nerfs de ce pauvre Léo et des miens aussi du coup. Cependant, j’admire toujours l’écriture de Daniel Glattauer que j’avais découvert avec A toi pour l’éternité que j’avais beaucoup aimé. Le roman est bien écrit, il se lit très vite et surtout même si la fin est très prédictible (je vous dirais juste que c’est bien fait pour sa pomme), on a envie de savoir ce qu’il va se passer ensuite et donc de se plonger dans la suite : La Septième Vague que je compte me procurer très bientôt !

Je le recommande à tout ceux qui aime les histoires d’amour spécialisées dans le compliqué ! 😀

Citations :

Cher Léo, j’abandonne le « Leike ». Vous pouvez donc oublier le « Rothner ». J’ai trouvé vos mails d’hier tout à fait savoureux, je les ai lus plusieurs fois. J’aimerais vous faire un compliment. Je trouve fascinant que vous soyez capable d’engager la conversation avec une personne que vous ne connaissez pas du tout, que vous n’avez encore jamais vue et que vous ne verrez probablement jamais, de qui vous n’avez rien à attendre, et cela sans savoir si elle vous répondra de la même manière. C’est une attitude atypique chez les hommes, que j’apprécie chez vous. 

Vous êtes comme une deuxième voix en moi, qui m’accompagne au quotidien. Vous avez fait de mon monologue intérieur un dialogue. Vous enrichissez ma vie spirituelle. Vous remettez en question, vous insistez, vous parodiez, vous vous opposez à moi. Je vous suis reconnaissant pour votre esprit, pour votre charme, pour votre vivacité, et même pour votre « mauvais goût ». 

Concernant le challenge 2016, ce roman m’a permis de rayer : un livre qui évoque une forme d’addiction ! 🙂

 

Changer la vie d’Antoine Audouard

Bonjour à tous !

     Me revoilà aujourd’hui pour une chronique d’un livre que Babelio m’avait gentiment envoyé pour que j’en fasse la chronique, il s’agit d’un roman d’un auteur français que je ne connaissais pas jusqu’à maintenant : Changer la vie d’Antoine Audouard !

Résumé :

     1981. Les murs de Paris se couvrent des affiches du candidat Mitterrand, avec le slogan socialiste «changer la vie». André et son ami François ont une vingtaine d’années. Par tempérament, fidélité ou rébellion, ils participent à la grande fête du 10 mai.
L’occasion leur étant donnée de passer l’été à New York, les deux amis s’y précipitent, persuadés de croiser Bob Dylan dans le Village ou de rencontrer Lou Reed au Max’s Kansas City. Tandis que François s’éclipse dans les recoins de la scène gay new-yorkaise, André, guidé par la jolie Giulia et par son employeur, Logan, gauchiste devenu patron d’une maison d’édition marginale, découvre le rythme frénétique de la «ville qui ne dort jamais»…
Roman d’apprentissage, roman des illusions, des déceptions,Changer la vie est porté par une allégresse d’écriture nourrie par sa bande-son : un medley de titres rock impeccablement enchaînés, qui communique au lecteur son énergie et son goût de vivre.

Mon avis :

     Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est que son cadre est dans la majorité situé à New-York, ville dans laquelle le protagoniste part le temps d’un été au début des années 80 pour changer de vie plein d’insouciance. On y retrouve donc dépeint le New-York de cette époque : sa culture, son activité et ses bouleversements, et moi qui aime beaucoup cette ville j’ai aimé me plonger dans cette fresque. Cependant,  si l’histoire en elle même est plutôt plaisante car le protagoniste à qui il arrive de nombreuses péripéties nous est finalement très sympathique, il faut déjà passer outre le style quelque peu déroutant de l’auteur. En effet, le langage est très oral et surtout, il y de nombreux anglicismes, voir même très souvent des dialogues presque écrit entièrement en anglais, ce qui m’a un peu énervée au début mais au final je suis quand même entrée dans l’histoire. Je ne dirais pas non plus que ce roman restera marqué dans ma mémoire mais si vous aimez New-York et sa culture (de très nombreuses références musicales y sont insérées), je pense que ce roman peut vous faire passer un bon moment !

Citations :

Notre seul choix, c’est de chercher sur quelle bande-son nos rêves se briseront un par un et quelle quasi invisible pièce de tissu nous avons par notre misérable existence ajouté au grand quilt de la vie sur terre.

La vie, c’est ce qui arrive aux autres tandis que je m’occupe à en rêver.

Concernant le challenge ce livre m’a permis de rayer : un livre dont le cadre est un lieu que vous avez toujours voulu visiter ! 🙂

Café Lowendal et autres nouvelles de Tatiana de Rosnay

 

Bonjour à tous !

      Aujourd’hui je vais vous parler d’un recueil de nouvelles écrit par une auteur que j’adore : Tatiana de Rosnay. Cette auteur ne m’a jamais déçu dans ses romans et comme je lis rarement des nouvelles, je me suis dis que ce serait sympa de lire les siennes. La couverture m’a également attirée car je la trouve très représentative de l’ambiance du livre et de sa lecture.

Couverture Café Lowendal et autres nouvelles

Résumé :

    Solitude, obsession amoureuse, désenchantement… Tatiana de Rosnay égrène, dans ce recueil inédit, dix nouvelles peuplées de personnages un peu perdus, en quête de frissons ou d’affection. Écrivains en crise, couples en pleine déréliction, jeunes gens avides, tous voient un jour leur vie basculer. Pour le pire ou pour le meilleur… Laissez-vous prendre par la petite musique de Tatiana de Rosnay: elle sait à merveille évoquer le timbre un peu fêlé de la mélancolie.

Mon avis :

     Je suis très peu attirée par les nouvelles en temps normal car je trouve cela trop court et très frustrant, je ne vais donc pas souvent vers ce genre là en général. Ce recueil rassemble dix de ses nouvelles, parues dans des magazines ou inédites, écrites sur des périodes différentes. Les nouvelles sont plus ou moins courtes mais toutes ont un peu les mêmes sujets comme l’amour, la littérature, l’écriture, le mystère ou encore les problèmes relationnels. Certaines de ses nouvelles ont su me captiver comme Café Lowendal ou La femme de la chambre d’amour et d’autres m’ont paru beaucoup moins intéressantes car peu approfondies. Cependant ce recueil ne m’a pas déçu du tout et j’étais même plutôt surprise d’autant apprécier ces nouvelles. L’écriture de Tatiana de Rosnay y est pour beaucoup car elle a un véritable don pour raconter les histoires et captiver le lecteur ce qui ne rate jamais avec moi. Je recommande donc ce recueil aux amateurs de nouvelles, à ceux qui voudraient découvrir d’autres histoires de cette auteur ou tout simplement à ceux qui voudraient passer un bon moment de lecture devant une bonne tasse de thé ! 🙂

Extrait :

      Cela fait cinq ans. Je peux a présent en parler. En parler sans frissonner. Je peux même écrire son nom : Victoria. Victoria. Victoria. Ecrire son nom sans avoir mal au ventre. Sans avoir envie de me cacher. Envie de la tuer. Envie de pleurer. Envie de mourir. C’est long, cinq ans. Long sur le papier. Cinq agendas. Cinq étés. Cinq hivers. Un quinquennat. Mais dans la vie, dans la vraie vie, celle qui coule, fluide, celle qu’on ne voit pas passer, cinq ans, c’est court. C’est comme hier. Je me souviens de tout. Je me souviens de chaque instant. De chaque détail. Je me souviendrai ma vie entière de Victoria. 
     Je ne la connaissais pas. Nous avions un homme en commun. Un homme dont j’avais été très amoureuse, comme lui de moi. Une histoire longue, qui m’avait profondément marquée.
Diego. Le genre d’homme qui traverse une existence comme une comète brûlant tout sur son passage. Et qu’une femme n’oublie jamais.

Concernant le challenge, ce livre m’a permis de rayer : un recueil d’histoire courtes 🙂

 

Amours et autres enchantements de Sarah A. Allen

Bonjour à tous !

            Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman que j’ai particulièrement apprécié : Amours et autres enchantements de Sarah A. Allen. C’est un livre que j’ai eu beaucoup de mal à trouver et quand j’ai enfin réussi à mettre la main dessus en grand format, j’ai vu qu’il allait sortir en poche.. Mais je n’ai pas regretté de l’avoir acheté quand même, car j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman, qui mériterait, à mon avis, d’être un peu plus connu.

Résumé:

     Bienvenue à Bascom où l’étrange famille Waverly alimente depuis des générations les légendes les plus fantasques. Il y a Claire qui, entre les plats aux vertus magiques qu’elle cuisine et la carapace qu’elle s’est forgée pour ne plus souffrir, pensait avoir tout ce dont elle avait besoin. Il y a Evanelle qui offre les objets les plus insolites mais dont l’utilisation se révèle forcément bénéfique à un moment donné. Et puis il y a Sydney qui revient après des années d’absence avec une fille de 6 ans et un secret qu’elle est déterminée à préserver… A cela ne manquait plus qu’un charmant voisin décidé à courtiser Claire la solitaire pour que la vie de tout ce petit monde s’emballe joyeusement !

Mon avis:

        Ce roman mêle secrets de famille et romance avec une touche de fantastique. Dans le village de Bascom en Caroline du Nord, la famille Waverly est suspectée d’avoir des pouvoirs magiques ou plutôt des propriétés magiques biens définies pour toutes les femmes Waverly (car dans cette famille, ne reste plus que les femmes).  Nous suivons notamment les deux sœurs Waverly (Sydney et Claire ) que tout oppose depuis qu’elles sont petites et qui se sont retrouvées séparées pendant de nombreuses années. Sidney revient vivre dans sa maison natale qu’elle avait fuit et retrouve sa soeur qui elle, ne vit que pour sa maison et son travail.  C’est un roman plein de poésie et de magie qui est basé sur l’importance d’une relation fraternelle. les héroïnes tout comme les personnages secondaires sont attachants et on suit avec plaisir leur petite histoire dans ce village si atypique qu’est Bascom.

       J’ai beaucoup aimé l’univers de ce livre: le jardin de la maison avec le pommier un peu grincheux mais tout aussi attachant ainsi que les fleurs aux vertus magiques qui m’ont un peu rappelées Le langage secret des fleurs de Vanessa Diffenbaugh dont j’ai fait la chronique ici.  Les histoires d’amour sont aussi très bien menées sans être trop niaises. Bref ce roman est vraiment sans prise de tête et agréable à lire.  J’ai passé un très bon moment de lecture et je lirais bientôt d’autres romans de cette auteur.

Citations:

Le bonheur vous remplit, mais lorsque l’on est heureux pour quelqu’un d’autre, cela déborde.

L’amour fait toujours souffrir. Tu le sais déjà. Tu ignores juste que ça en vaut la peine.

Le caveau de famille de Katarina Mazetti

Bonjour à tous !

         Aujourd’hui je vais vous parler du Caveau de famille de Katarina Mazetti. Ce roman est la suite du Mec de la tombe d’à côté que j’avais lu une première fois, il y a deux ans, et que j’ai relu pour me faire une meilleure idée de la suite. J’avais un peu peur d’être déçue car j’avais beaucoup aimé Le mec de la tombe d’à côté (que je vous conseille d’ailleurs si vous ne l’avez pas lu !) et j’ai entendu un peu partout que le deuxième tome n’était pas à la hauteur du premier.

Couverture Le Caveau de famille

Résumé :

           Désirée la bibliothécaire et Benny le paysan se sont rencontrés dans Le Mec de la tombe d’à côté. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Leur histoire d’amour n’est donc pas simple, mais ils s’accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si ça ne marche pas, c’est terminé pour toujours. Sinon…

Mon avis :

          Ce que j’avais beaucoup aimé dans Le mec de la tombe d’à côté, c’est l’humour souvent caustique et la légèreté qui s’en dégageait. La relation entre Benny et Désirée,  laissée en suspens à la fin du roman était vraiment touchante. Dans celui-ci, on retrouve l’humour de l’auteur ainsi que le discours à deux voix, une pour Désirée et une pour Benny ce qui nous permet d’avoir deux visions différentes de la même situation ce qui se révèle parfois très comique. j’ai aimé retrouver Benny et Désirée et voir comment ils allaient gérer leurs modes de vie totalement opposés pour que leur couple réussisse à survivre. Néanmoins, je n’ai pas vraiment apprécié le tournant qu’a pris leur relation. Désirée perd presque toutes ses convictions qu’elle défendait dans le premier tome et devient une véritable femme au foyer alors que Benny, ne fait presque pas de sacrifices. J’ai donc trouvé ça très décevant et cela se ressent dans le livre que cette situation ne convient absolument pas aux deux personnages qui s’embourbent eux même dans leurs problèmes. Ils perdent comme le roman tout entier, toute leur fraîcheur. En effet, celui-ci est largement plus sérieux que le premier et même parfois vraiment pessimiste, ce que j’ai trouvé assez décevant, surtout que la fin, qui en est une sans en être une, ne nous donne pas une vision très heureuse du couple et ne nous laisse quasiment pas non plus, espérer un futur meilleur.

     Cependant, je ne suis pas entièrement déçue car même si je l’ai trouvé un peu moins sympathique que le premier, j’ai apprécié connaître la suite de cette histoire qui n’est pas non plus totalement négative car leur relation reste forte et connaît heureusement quelques moments de bonheur !

Citations :

« Quand ils sont amoureux, les gens dégringolent à un QI de 72 environ, c’est ma théorie. Assez élevé pour pouvoir aller tous seuls aux toilettes et ne pas se faire arrêter par la police dans la rue, mais trop bas pour qu’on puisse accorder une quelconque confiance dans leur jugement. »

« Ce qu’on est obligé de supporter, on peut tout aussi bien apprendre à l’aimer. »