Papa et maman sont morts de Gilles Paris

Bonjour à tous,

           Aujourd’hui je vais vous parler de Papa et maman sont morts de Gilles Paris. J’avais découvert cet auteur avec Autobiographie d’une courgette  que j’avais beaucoup aimé, et d’ailleurs je vous le recommande fortement. J’avais lu des avis plus que mitigés sur celui-ci mais avec un titre pareil, j’ai voulu en savoir plus…

Couverture Papa et maman sont morts

Résumé:

        Papa et maman sont morts, la mer les a avalés. Alice et son frère cherchent des parents d’adoption. En rayon; l’oncle Paul, chasseur de mouches avec les plis de son ventre, Bérénice, folle d’amour pour Tom, qui a des muscles mais pas de coeur, et Mme Knop, l’institutrice, qui aime tant nager nue la nuit. Ce n’est pas gagné!
Peut importe, les deux enfants sont ensemble, tous les deux.

Mon avis :

        Malheureusement, comparé au précédent, je n’ai pas été conquise par ce roman. Bien que j’ai retrouvé avec plaisir l’écriture poétique de Gilles Paris, j’ai trouvé le tout très brouillon. Déjà les relations entre les personnages sont très « spéciales » et on ne comprend pas toujours très bien où l’auteur veut en venir. Néanmoins il arrive à parler de sujets difficiles avec une légèreté et une poésie qui fait que l’on a envie de le lire jusqu’au bout pour voir où tout ceci va nous mener.

        Bref, ce roman se lit très vite et on fini par apprécier les personnages malgré leurs bizarreries, mais je suis sortie un peu déçue de cette lecture, c’est sûr qu’il ne me laissera pas un souvenir impérissable mais je lirais quand même d’autres romans de cet auteur, notamment Au pays des kangourous qui est d’ores et déjà dans ma bibliothèque.

Citations:

« Alice dit que la mer est salée, parce que les femmes y ont versé trop de larmes. Ce qui les rend belle, aussi, parce qu’elle contient toute la tristesse des femmes. »

« Quand tu auras lu tous ces livres, tu ne seras plus la même. Les gens se ressemblent trop, ils ne lisent pas assez. Ne deviens pas comme eux. »

Rose de Tatiana de Rosnay

Bonjour à tous!

      Aujourd’hui je vais vous parler d’un roman de Tatiana de Rosnay. Après Moka et Elle s’appelait Sarah que j’avais beaucoup aimés, je me suis lancée dans Rose, un roman qui me tentait particulièrement car il portait sur l’histoire de Paris et plus précisément, les travaux haussmanniens.

Couverture Rose

Résumé:

    Paris sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d’Haussmann détruisent des quartiers entiers, générant des milliers d’expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu’au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet : sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l’empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé…

Mon avis:

      Encore une fois, Tatiana de Rosnay ne m’a pas déçue. Son récit m’a transporté. L’auteure a un vrai don pour retranscrire les sentiments de ses personnages et pour nous faire vivre l’histoire comme si on y était.
Même si je n’étais pas toujours d’accord avec le personnage principal, Rose, je me suis très vite attachée à elle et à sa maison si chère à son coeur.
Le récit est écrit sous forme de lettre que Rose envoie à son défunt mari ce qui nous fait encore plus pénétré dans l’intimité de celle-ci et  cela nous tient en haleine car il y a des coupures dans le récit et certains détails sont révélés petit à petit.

      Tatiana de Rosnay nous décrit à merveille le Paris avant et sous les travaux d’Haussmann, ce qui m’a énormément intéressé car je ne connaissais de ces travaux que les bons côtés: le progrès et la modernité. je ne m’imaginais pas que cela avait pu avoir des conséquences aussi terribles sur la vie des parisiens de cette époque.

Bref une histoire passionnante et une fin à la hauteur du roman!

Citations:

Vous êtes convaincu que le foyer d’une famille se résume à une somme d’argent. Pour vous, une maison n’est qu’une maison. Votre nom a lui seul est une ironie. Comment se peut-il que vous vous appeliez Haussmann ? En allemand, cela ne signifie-t-il pas « l’homme de la maison » ?

Cette maison est mon corps, ma peau, mon sang, mes os. Elle me porte en elle comme j’ai porté nos enfants.

Sukkwan Island de David Vann

Bonjour à tous!

          Aujourd’hui je vais vous parler d’un livre qui nous fait voyager en Alaska, dans une petit île isolée du reste du monde: Sukkwan Island. J’avais entendu énormément de bonnes critiques sur ce roman et comme j’aime beaucoup les romans qui font voyager, surtout dans les pays nordiques, celui-ci a attisé ma curiosité!

Couverture Sukkwan Island

Résumé:

           Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

Mon avis:

           Malheureusement je n’ai pas eu de véritable coup de coeur, j’ai même été assez déçue, peut-être parce que j’en attendais beaucoup plus… Le roman est composé de deux parties qui sont plutôt inégales selon moi. J’ai de loin préféré la première qui fait place au suspens car on sent dès le départ que leur séjour à Sukkwan Island ne se passera pas du tout comme ils l’avaient imaginé. Cependant cela reste très progressif car l’auteur revient au fil de la lecture sur des détails qui nous font comprendre certaines choses. Les deux personnages sont complexes et on a du mal à les cerner complètement c’est pourquoi je n’ai pas réussi à m’y attacher bien que j’ai eu une préférence pour Roy qui  incarne l’innocence dans l’histoire. La deuxième partie, centrée sur le père est moins intéressante car cela tourne vite en rond et la fin reste prévisible même si l’auteur nous y amène progressivement.  

          Bref un roman assez bien écrit, qui nous fait vivre sur une île,  isolé du monde le temps d’un roman, mais qui ne m’a pas bouleversé malgré des passages très durs!

Extrait:

Ils s’installaient à présent dans une petite cabane en cèdre au toit pentu en forme de A. Elle était blottie dans un fjord, une minuscule baie du Sud-Est de l’Alaska au large du détroit de Tlevak, au nord-ouest du parc naturel de South Prince of Wales et à environ quatre-vingt kilomètres de Ketchikan. Le seul accès se faisait par la mer, en hydravion ou en bateau. Il n’y avait aucun voisin. Une montagne de six cents mètres se dressait juste derrière eux en un immense tertre relié par des cols de basse altitude à d’autres sommets jusqu’à l’embouchure de la baie et au-delà. L’île où ils s’installaient, Sukkwan Island, s’étirait sur plusieurs kilomètres d’épaisse forêt vierge, sans route ni sentier, où fougères, sapins, épicéas, cèdres, champignons, fleurs des champs, mousse et bois pourrissant abritaient quantité d’ours, d’élans, de cerfs, de mouflons de Dall, de chèvres de montagne et de gloutons.

Martin Eden de Jack London

Bonjour à tous!

        Aujourd’hui je vais vous parler d’un très grand auteur dont je n’avais encore jamais lu de roman jusqu’à présent: Jack London célèbre notamment pour son roman: Croc-Blanc. Martin Eden est un livre que l’on m’a prêté et heureusement car je ne connaissais pas jusqu’à présent et je serais peut-être passé à côté d’un grand roman. On prétend que ce roman s’inspire grandement de la vie de l’auteur et qu’il y une part de Jack London en Martin Eden et inversement.

 

Couverture Martin Eden

Résumé:

           Pour Ruth, dont il est follement amoureux, Martin Eden, dont la vie n’avait été jusqu’alors que « coups d’audace désespérée, aventures, dangers », décide de devenir un autre homme. Il sera écrivain. Martin alors étudie et travaille comme un damné mais le succès se fait attendre et tous le lâchent, même Ruth. Quand, enfin, son talent sera reconnu et qu’il sera riche et célèbre, ce sera trop tard. 
Dans ce roman, c’est sa propre tragédie que nous révèle Jack London.

Mon avis:

          Ce roman fut un vrai coup de coeur pour moi! Il est profondément marquant et superbement écrit. On suit Martin Eden dans sa lutte pour devenir écrivain et ravir le coeur de Ruth pour finalement tomber de désillusions en désillusions. Martin Eden nous fait réfléchir sur l’importance de l’éducation et du statut social qui fait tout dans la société sans accorder d’importance au talent et à la richesse intérieure de chacun. Martin Eden remet en question de nombreuses conventions bien établies dans la société du siècle passé mais qui reste toujours encrées dans celle d’aujourd’hui. L’histoire est romancée et est très plaisante à lire, on se prend d’affection voire même parfois de pitié pour Martin Eden qui arrivera à atteindre ses buts sans jamais s’accomplir soi-même ce qui est finalement encore pire que d’échouer complètement.
         Bref un roman qui devrait être lu par beaucoup et qui est finalement assez méconnu du grand public. Parfois répétitifs mais toujours agréable à lire, même si l’on sait dès le début que cela ne va pas être tout rose  pour Martin, on a envie de savoir comment il a pu en arriver là.
     

Cela m’a donné envie de découvrir d’autres ouvrages de l’auteur! 

Citations et extraits:

« Avant, je ne savais pas que la beauté avait un sens. Je l’acceptais comme telle, comme une réalité sans rime ni raison. J’étais dans l’ignorance. A présent, je sais, ou plus exactement, je commence à savoir. Cette herbe me paraît beaucoup plus belle maintenant que je sais pourquoi elle est herbe, par quelle alchimie du soleil, de la pluie et de la terre elle est devenue ce qu’elle est. »

« Mais moi, je suis moi, et je ne subordonnerai pas mon goût au jugement unanime du public. Si je n’aime pas une chose, je ne l’aime pas, voilà tout; et rien au monde ne me fera l’aimer, parce que la grande majorité de mes contemporains l’aime, ou fait semblant de l’aimer. Mes goûts et mes aversions ne suivent pas la mode. »

« Tout peut s’en aller à vau-l’eau dans ce monde, sauf l’amour. L’amour ne peut pas faiblir. S’il trébuche en chemin et s’effondre comme une chiffe, c’est que ce n’était pas de l’amour. »

Moka de Tatiana de Rosnay

Tatiana de Rosnay m’avait beaucoup touchée avec Elle s’appelait Sarah, l’histoire d’une petite fille juive de 10 ans qui se retrouve prise dans la rafle du Vel d’Hiv et est brutalement arrachée de ses parents, elle doit donc tenter de s’en sortir par elle même. Il est impossible de finir cette lecture sans être bouleversée. Du coup, ayant adorée son style et sa façon de raconter les choses, tout en finesse et simplicité,  j’ai voulu essayé Moka dont le sujet était aussi difficile.

Couverture Moka

Résumé:

     Justine mène une petite vie tranquille entre son mari, ses deux enfants et son boulot de traductrice free-lance. Mais un mercredi après-midi, tout bascule. Un chauffard renverse son fils en plein Paris, et prend la fuite, à bord d’une berline couleur moka. Malcolm sombre dans le coma, l’enquête piétine… Seule contre tous – ou presque, Justine veut découvrir la vérité. Jusqu’au bout. Et à n’importe quel prix.

Mon avis:

      Je n’ai pas eu de réel coup de coeur comme j’en ai eu un avec Elle s’appelait Sarah, mais ce livre m’a quand même profondément touchée. Même quand on n’est pas soit même parent, il est difficile de rester de marbre à cette histoire. Les sentiments de Justine sont tellement bien retranscrits que l’on vit sa peine à travers elle. On est toujours dans l’émotion sans tomber dans le mélodrame  Il y a même une certaine forme d’humour lorsque le thème du bi-culturalisme Français-Anglais est évoqué, ce qui permet d’alléger un peu le roman. On ne sait jamais comment on réagirait dans une telle situation, ici les parents le font chacun différemment:  d’un côté, il y a le père qui reste calme et patient et attend que la police fasse son travail, d’un autre il y a la mère, complètement déboussolée face à ce drame, elle remet toute sa vie en question mais elle va aussi montrer une force et un courage qu’elle ne soupçonnait pas en elle. La relation maternelle est au coeur du roman, on voit bien tout ce qu’une mère est capable de faire pour son enfant. En effet Justine part dans une quête qui paraît impossible aux premiers abords  pour savoir qui a fait ça à son fils et comprendre le pourquoi du comment. Tatiana de Rosnay sait créer un véritable suspens avec quelques retournements de situation ce qui   arrive à nous tenir en haleine jusqu’à la fin du roman même si  j’ai trouvé celle-ci trop rapide et aurait mérité qu’on s’y attarde un peu plus. En bref  Tatiana de Rosnay réussit à nous parler d’un thème difficile sans aller vers les clichés et les exagérations, ce qui réussit  à nous toucher encore plus.

Citation et extraits:

« Le plus dur, c’était de tenir. Tenir. Calquer le quotidien sur l’horreur qui nous arrivait. Et puis le réveil. Le moment où on ouvrait les yeux, on ne se souvenait de rien, on se sentait léger, du moins le croyait-on. Puis tout revenait. Le poids qui s’installait, qui étouffait »
« Comment les gens faisaient-ils pour tourner la page ? Les gens qui vivaient un malheur ? Les gens qui connaissaient le pire ? Comment faisaient-ils ? Peut-être qu’ils ne tournaient jamais la page. Peut-être que ces pages-là, les plus lourdes, les plus terribles, on ne les tournait pas. On devait apprendre à vivre avec. Comment ? »